En Français | In English | En español

Posts tagged ‘OGM’

Tout arrive… le “Queer” transgénique à la rescousse de la “Queen” OGM

February 24th, 2010

papapage
Regardez toutes ces belles patates… il y en a plus de 3000 variétés. Et bien maintenant on va avoir en plus la “Duc d’York” transgénique, la “Roi Edouard” OGM, la “Reine” d’Angleterre OGM… the Queen OGM… mais que fait le Prince de Galles?… Voici la famille royale de patate que nous prépare à sortir de son chapeau le top des labos transgéniques, la fondation Sainsbury en Angleterre. Elle a réussit à obtenir le feu VERT (ne riez pas) pour planter derrière l’enceinte de murs barbelés impénétrables protégés par une armée de vigiles armés jusqu’aux dents …

Il faut préciser que cette fondation est totalement séparée de la chaine de magasins du même nom qui ont été les premiers à retirer tous les produits OGM de leur chaine de supermarchés.

Alors transgénique pourquoi? pour résister au mildiou, la maladie qui a provoqué la famine irlandaise, un épouvantail imparable pour faire passer les OGMs Outre Manche. Transgéniques aussi pour résister aux nématodes, des micro vers qui mangent la pomme de terre avant nous.

C’est incroyable comment on utilise toujours les mêmes recettes de peur et de sécurité pour faire avaler des choses encore plus dangereuses. On endort l’intelligence en la tétanisant. Une longue tradition guerrière du raisonnement qui balaye toutes considérations scientifiques en remplaçant le bon sens par la terreur.

Sauver le monde de la famine? Se défendre contre le changement climatique? C’est ce que soutiennent les fans des OGMs d’Albion. Ils ont placé leur avocat du moment, Lord Chris Smith, directement comme président de l’agence pour l’Environnement. Cet éminent ancien membre du gouvernement, fier et ultra sympathique, premier à avoir fait son “coming-out gay” et annoncé sa séroposivité à la tribune du parlement, un évènement de taille pour l’époque, s’est lancé au créneau pour tâter et attendrir l’opinion publique anglaise. Quelle drôle de stratégie de communication politique : le transgénique “Queer” à la rescousse de la “Queen” transgénique, avant la grande offensive des gouvernements européens pro-OGM, que prépare activement le fan OGM Manuel Barroso, à Bruxelles. Perfide Albion.

Il faut que les OGMs passent coute que coute… La patate si facile à replanter, à reproduir à l’infini, il faut qu’elle puisse être complètement contrôlée par BASF et autres gros groupes sérieux.

Pourtant les biologistes savent bien que le mildiou est un champignon et qu’il n’y a pas mieux qu’un autre champignon pour l’empêcher de sévir; et lorsqu’on utilise la pleurotte du peuplier, par exemple, on obtient des récoltes records. Les nématodes, elles, sont tuées par la Tagetes minuta, une plante qui pousse partout dans le monde, et surtout en association avec la pomme de terre. Ne le dites pas trop fort, cela pourrait se savoir.

La nature est bien faite n’est ce pas? Mais si on laissait faire la nature, comment voulez vous que l’on puisse traire un paysan? Comment voulez vous financer des bons gros groupes européens, soutenir des infrastructures solides, avoir un monde politique sérieux? Franchement, où irait-on si tout le monde était libre de faire ce qu’il voulait, si les paysans disposaient de leur autonomie, leurs propre semences, engrais et pesticides?

Nourrir le monde? en réalité le challenge ne réside pas seulement là:

“A Star(ch) is born”, annonce BASF plein d’humour. Starch c’est l’amidon; celui qui sert à rendre le papier brillant, les vêtements et les fils soyeux, les champoins etc. Cela fait 20 ans qu’ils sélectionnent cette pomme de terre à partir d’une pomme de terre ancienne qu’ils sont allés prendre chez les Incas et les Aztèques, à l’Espagnole “je t’ai conquis j’t'adore…”. Et pour bien montrer que cette pomme de terre est leur propriété, ils lui ont inoculé un gène marqueur, en l’occurence un gène de résistance aux antibiotiques contre l’E. Coli et autres agents provocateurs de maladie nosocomiale.

Oui vous avez bien entendu, ils ont inoculé une pomme de terre avec un gène de résistance à un antibiotique, la kanamycine, qui nous permet pourtant d’éviter une maladie nosocomiale, tout cela pour reconnaitre LEUR pomme de terre, qu’ils ont brevetée.

Ils ont appelé cette patate Amflora, comme une jolie fleur. Car elle en fait des fleurs; c’est comme cela qu’ils l’ont sélectionnée en partie. On met 20 ans pour obtenir une pomme de terre par croisement génétique à travers les fleurs et les graines. Messieurs les parlementaires, les patates ont aussi leur sexualité? Ouch quel “coming out”…

“Ce gène ne peut pas passer à l’homme, car on ne mange pas cette pomme de terre et la reproduction par fleur est négligeable”. Ils lui ont donné quand même le petit nom amFLORA… c’est de l’humour allemand? Etrange, non? Car le pollen va d’une pomme de terre à une autre. Il est tellement léger, qu’un petit courant d’air peut l’emmener dans la stratosphère. De là il peut tomber n’importe où et polliniser n’importe qu’elle pomme de terre sur la planète, pour l’homme ou le cochon. Vous imaginez le pollen que peut produir des milliers d’hectares de fleurs de patates?

Le labo de Sainsbury, lui, semble plus terre à terre: “pourquoi attendre 20 ans pour faire une pomme de terre qui résiste au mildiou ou aux nématodes, alors qu’on peut lui introduire tout de suite le gène?” On peut leur répondre : pourquoi faire toutes ces expériences alors que la solution existe déjà et a démontrée sa réussite depuis plus de 2000ans? Il suffit de le savoir, de l’enseigner aux paysans. Pourquoi le cacher? VIVE LA BIODIVERSITE. Apprenons d’elle et utilisons là. En fait, les Espagnols ont pris la pomme de terre aux Incas en oubliant le mode d’emploi.

Heureusement nous vivons dans un monde merveilleux… Des paysans réclament la création d’un label marquant les produits libres d’OGM pour la viande et le lait de vache qui ne sont pas élevés au soja transgénique argentin et brésilien dont nous sommes les premiers clients.

Alors oublions un temps le pollen, la planète et la stratosphère, rêvons…

“2015, plus d’engrais chimique, plus de pesticide, plus d’herbicide…”

January 24th, 2010

DSC_7261_022

Cette annonce n’est pas de moi… c’est de Terrena, la plus grosse coopérative agricole française, l’une des plus importantes utilisatrices de chimie pour l’agriculture au monde, aujourd’hui… A force de vouloir produire toujours plus avec des factures toujours plus grandes en produits chimiques, semences préparées et toujours plus d’allées et retours de tracteurs, les rendements dépassent la rentabilité; c’est sans compter avec le bon sens paysan qui semble revenir au galop.

Ce début d’année nous apporte une joie immense et un espoir réel quant au développement et à la sécurité alimentaire mondiale… même pour les plus pauvres.

Le principe des protocoles de cultures vivrières sans chimie que nous avons développés pour proposer une alternative durable à la culture du maïs transgénique en Argentine, puis pour le Maroc et l’Ethiopie, vient d’être validé par 2 autorités improbables : le laboratoire de Rothamsted Research pour l’agriculture, une référence mondiale, inventeur des principaux pesticides et herbicides employés couramment sur l’ensemble de la planète, et du goliath de l’agriculture française, la coopérative Terrena.

L’esprit de ces protocoles? Planter une communauté de plantes, mycelium et bactéries en même temps que la culture vivrière. Ces plantes vont lui permettre de se développer en apportant tout l’engrais nécessaire, tout en déployant des stratégies de protections continues contre les différent nuisibles et stress hydriques qui s’aggravent avec le réchauffement de la planète. Un semis direct et à la volée, sans labour, 10 jours avant la récolte précédente. Une folie quand on réfléchit à l’agriculture de grand papa, celle qui nous entoure, mais il faut essayer pour être vite convaincu.

La première autorité à venir apporter de l’eau à notre moulin, les brillants professeurs de Cambridge et le labo de Rothamsted, ont annoncé qu’il fallait désormais s’inspirer de la nature, prendre en compte la complémentarité des plantes pour fournir l’engrais et lutter contre les insectes nuisibles, pour doubler, jusqu’à sextupler même les rendements, selon les essais sur le terrain qu’ils ont menés au Kenya ces 6 derniers mois, par leur soins.

La seconde, la coopérative Terrena a tout simplement annoncé dans son rapport annuel : “en 2015, plus d’engrais chimique, plus de pesticide, plus d’herbicide” … “Lutter contre les maladies par le bio-contrôle en jouant sur des mécanismes naturels, le bio-contrôle qui permet de lutter efficacement contre des prédateurs ou maladies des cultures.” et de citer “en se basant sur les plantes, la microbiologie, les haies, le bois raméal fragmenté (BRF) et les mycelium… ”

Je ne m’en lasserait jamais. Quel beau rapport que celui de Terrena. 2010 commence bien.

On y entendrait presque les échos d’applaudissement de 400 millions d’année d’évolution et d’organisation mutuelle des plantes, avant que nous n’intervenions avec nos herbicides et insecticides, ces 40 dernières années.

Et maintenant j’y pense : heureusement que Copenhague a échoué… vive Copenhague.

C’est une boutade bien sûr. Mais imaginez que Copenhague ait marché. Parmi toutes les mesures, des fonds énormes auraient été débloqués pour répéter en Afrique le modèle d’agriculture en place en Europe, aux USA, au Japon depuis ces 2 dernières générations. Une catastrophe : 30% des émissions de gaz à effet de serre sont émis par cette agriculture; répéter ce modèle perdant à l’échelle de la planète aurait créé un désastre, une famine assurée.

Copenhague a bel et bien réussi car cet élan médiatique a provoqué dans la tête de certains chercheurs, le courage de rendre public des modèles différents. Et en agriculture, c’est dur d’avancer que les champignons, les vers de terre, les plantes compagnes et les bactéries… peuvent produire des récoltes records pour assurer la sécurité alimentaire. Un vers de terre cela n’a jamais financé une unité de recherche universitaire…

Nos décideurs ne connaissent pas encore l’existence de ces protocoles; personne ne les a encore mis au courant.

Une thèse vient d’être proposée à l’INRA (institut National de la Recherche Agronomique) sur la plantation de plusieurs espèces utiles complémentaires dans les cultures de maïs. Pas encore publiée. L’INRA Angers semble s’y intéresser, nous verrons ce que 2010 nous apporte; tous nos espoirs la soutiennent.

Cela fait longtemps que la chose est connue, mais jamais elle n’a été vraiment acceptée par les autorités agricoles. Vous imaginez plus de chimie? moins de matériel agricole lourd, moins de commerce pour les coopératives, moins d’endettement de paysan, moins d’investissements pour le crédit agricole…

Le modèle en vogue est plutôt du côté de Jacques Attali, conseiller du Président français Sarkosy, ancien conseiller du Président Mitterrand : “Nous n’avons pas pour l’instant, accepté d’utiliser les OGM. Les produit qui sont utilisés pour la nourriture animale vont devenir extraordinairement couteux, donc nous aurons à prendre la décision pour savoir si nous acceptons, comme tout le monde, les OGM, ou si on les refuse et alors prendre sur nous, si nous allons avoir une hausse très massive du coût de notre alimentation.” Désolé pour la prose, c’est ainsi que l’homme s’exprime.

Mr Attali ignore peut être que la France est déjà le premier importateur de soja transgénique brésilien pour nourrir ses vaches? Il a peut être zappé cet article du Time magazine qui démontre comment élever des vaches à l’herbe peut sauver la planète. Car rappelons le une fois de plus : la vache mange de l’herbe, pas du maïs et encore moins du soja; un thême récurrent de ce blog.

Jacques Attali, pour moi, c’est “Mr. tracteur” : partout où il passe, il ne cesse de prêcher la distribution des tracteurs au monde entier, qui pourront épandre les herbicides pour lesquels ont été modifiées les semences OGM américaines à planter, “comme tout le monde”, Oups… n’oublions pas que les français sont 3ème dans la partie, mais loin derrière en volume à leur grand damne.

En réfléchissant un peu, il est incroyable d’avoir convaincu des paysans plein de bon sens, de mettre des herbicides, qui tuent les plantes, pour augmenter les récoltes de plante. Les gens qui ont fait cela sont des génies du commerce, n’est ce pas? Bravo.

70% des OGM ont été créés pour résister à ces herbicides; donc pour vendre toujours plus d’herbicide.
Le reste a été modifié pour intégrer le Bacille de Thuringe BT, un micro organisme qui tue les coléoptères. Seulement le coléoptère peut évoluer (vous vous rappelez Darwin?) et devenir résistant au BT. C’est un peu ce qui s’est passé en Inde, où depuis 2006 plus de 200 000 paysans indiens se sont endettés pour acheter des semences BT dont les récoltes n’ont pas poussé ou ont été dévorées par les nuisibles. 200 000 paysans se sont suicidés.

Cherchez l’erreur, comme disait l’ami Coluche.

Les abeilles… en France, en Angleterre, en Espagne, au Maroc, 2/3 de la population d’abeilles de 2003 sont mortes ces 3 dernières années. On a désigné coupables les nouveaux pesticides mis en action à ce moment, normal ils sont créés pour tuer les insectes. L’INRA, notre veille nationale agricole, doute encore. A travers l’Association Française pour l’Information Scientifique et son journal de Janvier-Mars 2010 “Sciences et Pseudo Sciences“, le doute est entretenu sur le rôle de ces insecticides dans la mort des abeilles (qui sont des insectes, il est utile de le rappeler). La solution proposée? Les OGM BT, modifiés au Bacille de Thuringe. Mais monsieur le scientifique : si tous les agriculteurs se suicident, à quoi serviront les scientifiques pour l’agriculture?

La patate : un exemple récent de Leeds University. Ils ont fait une pomme de terre modifiée pour résister aux nématodes. Des vers microscopiques qui vivent depuis des millions d’années au contact des pommes de terre.
Lorsque l’on plante dans le même endroit des pommes de terre de types différents, la pomme de terre attaquée annonce aux autres le danger , qui aussitôt provoquent l’invasion de micro organismes bénéfiques qui font disparaitre le problème. Si il y a des pommes de terre infectées de nématodes encore aujourd’hui, c’est du à la manière de cultiver et rien d’autre. Seulement si on les modifie, on leur enlève un savoir faire pour se défendre aquis par une longue évolution. Quel intérêt?

Là c’est trés grave. je prends mon chapeau de co-créateur du projet “t’ikapapa” au Pérou, “fleur de patate” en quechua, qui a remis en production plus de 320 variétés de pommes de terre, en assurant à 8000 petits producteurs des Andes la distribution dans les supermarché Wong, c’est à dire là où l’élite politico économique du Pérou fait ses courses, là où l’on peut se permettre de payer un bon prix pour une pomme de terre extraordinaire. Notre Projet a reçu la médaille d’or 2006 de la FAO (Food and Agriculture Organisation), le SEED AWARD des Nations Unies 2007 et le BBC WORLD CHALLENGE FOR DEVELOPMENT 2007.

DSC_5143_013

Dans les Andes, la patate sauvage pousse dans un mulch de tagettes, tagetes minuta, une plante anti nématode. Là vous la voyez telle que l’on peut la trouver dans la nature, en enlevant juste les herbes sèches qui la recouvre en surface et parfois à peine à 2cm sous le sol. L’huile essentielle de tagette empêche le développement de ces vers microscopiques et provoque la présence de ses prédateurs.

DSC_3874_010

C’est trés simple, quand on est sur un terrain propice à la patate sauvage dans les Andes, un terrain alluvionaire sabloneux, prés d’une rivière recouvert de tagettes minuta sèches, il faut se baisser et gratter le sol, la patate est généralement là. Pour être sûr d’en trouver il vaut mieux avoir observé l’été précédent les belles fleurs de patates et les fleurs oranges de tagettes plus tardives.

nourpommedeTsauvage

Là, nous sommes dans le biotope originel de la patate. Tagette minuta et pomme de terre ont scellé une alliance millionnaire. Les étudiants de Leeds, en sont encore à tenter de greffer un gène étranger dans le corps de la pomme de terre. Un bon séjour sur le terrain leur ferait le plus grand bien, car la solution à leur problème existe déjà.

C’est un peu inventer le fil à couper le beurre et dépenser l’argent du contribuable pour résoudre des problèmes qui sont déjà résolus. C’est à peu prêt la réponse de Soil Association, la plus ancienne et respectée association de défense de la nature et de l’agriculture bio anglaise.

Le gouvernement britannique a annoncé le 19 Juillet dernier qu’il enverrait une aide de 100millions de livres en cultures transgéniques pour le bétail en Afrique et entre temps le Times rapporte comment on peut sauver la planète en faisant manger de l’herbe au bétail… Et nos écologistes? Pour n’en citer qu’un : pour compenser votre carbone, la fondation Action Carbone de Yann Arthus Bertrand plante 200 hectares d’eucalyptus au Chili en terre des indiens Mapuche, alors qu’il décrit à juste titre cette culture comme destructive dans son film. Sur son site, comme premier exemple d’action écologique, il montre comment il apprend à enfouir du carbone dans le sol en Inde, ce qui provoquera à terme la destruction de leur sol et une diminution de leurs récoltes vivrières.

Un sol est vivant. Trop de charbon enfoui dans le sol se transformera en charbon fossile, incommestible pour les bactéries du sol, peu à peu elles mourront et le sol ne remplira plus son rôle d’échange d’eau et de minéraux pour les plantes. Le premier signe est l’apparition de Tanaisie une plante indicatrice du carbone fossile.

Alors tout compte fait, c’est bien que Copenhague ne soit pas passé, car nous ne sommes pas encore prêts.
Jetez un oeil sur le dernier salon de l’agriculture de Kaboul, cela donne froid dans le dos.

Le manque d’argent en Afrique provoquera peut être plus de réflexions avant d’agir. Avec moins de moyen peut être se retournera-t-on vers la botanique, la sociologie des plantes, la microbiologie cellulaire, la mycologie… toutes ces sciences qui nous apprennent comment vit la nature. Une fois que l’on aura compris on pourra réellement augmenter nos chances de nourrir la planète. Alors il vaut mieux repousser Copenhague à 2015.

Mais entretemps il faut agir pour multiplier les bons résultats et prouver l’intérêt de ces recherches: les prochains projets de l’équipe SOS SOiL sont au Maroc et en Ethiopie. Il est question de former les paysans à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan… mais pour l’instant cela se poursuivra à travers internet.

Peut être que si Copenhague était passé, les crédits auraient été suffisants pour lancer là aussi les OGM et arrêter nos effort de développements de cultures intensives avec une meilleure appréhension des richesses de la nature . Comme le Foreign Office britannique qui, à titre d’aide aux pays pauvres, a offert en Juillet 100 millions de Livres Sterling à l’Afrique pour produire les OGM qui sont interdits en Europe.

Argentine 6 : en agriculture l’important c’est la femme.

April 30th, 2009

montagnesacree

La réussite d’un projet agricole est avant tout la réussite d’un projet social.

Aujourd’hui l’agriculture en Argentine est essentiellement une affaire d’homme et surtout une histoire d’hommes d’affaire. Les gigantesques propriétés appartiennent pratiquement toutes à des groupes privés et à des financiers bien loin de la tradition agricole. Les Gauchos et les paysans traditionnels sont devenus des ouvriers agricoles. Les propriétaires ne comptent plus que sur des ingénieurs agronomes, ceux-là même qui ont transformé l’agriculture en industrie autour du monde.

Le role d’une estancia de 40 000ha, comme celle-ci, en Argentine, est de produire des veaux qui partiront pour être “finis” dans des “feed-lots”. Quelques semaines aprés avoir vu le jour, 70% des veaux argentins sont envoyés dans la banlieu de Buenos Aires en confinement, pour ne jamais plus voir un brin d’herbe de leur vie. Ils sont nourris essentiellement au tourteau de soja transgénique et tourteau de maïs OGM, résidu de la production de bio éthanol.

En 15ans, la viande argentine, réputée comme la meilleure au monde, a disparue. C’est aujourd’hui le sous-produit de cultures transgéniques, injecté de pesticides systémiques et d’antibiotiques. Quelle tristesse. Aprés la grippe aviaire, la grippe porcine, que nous prépare-t-on?

Devant ce désastre qui se déroule sous leurs yeux, que pensent les fiers Gauchos argentins? Pourquoi les ingénieurs aspergent-ils les riches pâturages de glyphosate? Pourquoi détruisent-ils cette richesse qui contient tout ce dont a besoin un ruminant pour se nourrir et construire son système immunitaire?

Les Gauchos sont devenus des employés à la merci des conditions économiques de leur employeur. Leur unique motivation serait peut-être encore ces journées entières sur leur monture dans l’immensité de la Pampa. Mais en réalité, le Gaucho n’a plus aucune réelle motivation pour son travail. Finalement le blues décrit par Jorge Luis Borges, n’était-il pas l’age d’or du Gaucho?

Dans l’estancia où nous travaillons, les Gauchos, appelés aussi “Peones”, simples employés agricoles, sont payés le double d’ailleurs par le propriétaire. Le nouveau propriétaire veut installer un véritable volet social dans le développement et la gestion de cette propriété. Seulement ici l’argent ne sert pas à grand chose. Nous sommes à 5 heures de bus de la première ville. Il n’y a rien pour quoi dépenser son argent. Ici l’argent n’est pas tout.

Il y a 30 familles, 30 hommes mariés, 30 femmes et 3 à 6 enfants pour chaque couple. Ils vivent sans véritable projet de vie, projet de société. C’est un monde de Gauchos fiers, un monde d’homme, de “machos”, dirait-on en espagnol, sans le côté péjoratif du mot en français. Des machos qui font leur boulot, sans avoir un mot à dire et qui observent sous leurs yeux des pratiques agricoles qu’ils ne comprennent pas toujours. Ils n’ont aucune propriété. Leurs maisons viennent toutes d’être refaites gratuitement. Le moindre besoin, décoration, etc. ils se tournent vers le propriétaire. Au nouveau venu ils ferait plus penser à de grands enfants assistés qu’à des hommes responsables. Une estancia aujourd’hui ressemble davantage à l’expression classique d’un patriarcat de la révoltution industrielle, qu’à une entreprise moderne.

Où veut-on aller de cette manière… Dans le mur? L’histoire est remplie d’exemples similaires.

C’est là où nous intervenons. Nous proposons de travailler sur trois axes sociaux pour relancer la dynamique des habitants de l’Estancia, provoquer leur créativité et leurs désirs de s’épanouir à travers le développement de l’estancia qui fait partie de leur propre développement :

  • La participation et la compréhension des stratégies agricoles entreprises : que les Gauchos puissent avoir voix au chapître et nous fasses bénéficier pleinement de leur expérience.
  • Donner une place aux femmes : à travers la création, la participation et la copropriété dans une entreprise commune avec l’estancia où chacune pourra réaliser un projet à sa mesure. Une entreprise qui servira tant de micro crédit, de lieu de création, de production et de distribution des produits qu’elles pourraient réaliser à partir du potentiel disponible sur l’estancia.
  • Assurer un devenir durable pour la main d’oeuvre de l’estancia : préparer une place pour les enfants et établir les bases pour une situation durable de l’emploi sur l’estancia par son développement.

Pour les Gauchos, il est essentiel qu’ils puissent se sentir partie prenante du devenir de l’estancia. Appartenir est le maitre mot. Ainsi il faut organiser régulièrement des réunions festives, des prétextes musicaux, asados traditionnels argentins, à l’occasion desquels la destinée agricole de l’estancia soit discutée et mise à l’avis des Gauchos pour bénéficier de l’expérience et de la connaissance du terrain de chaque gaucho, car c’est eux qui parcourent tout le territoire à longueur de journée.

Mais le plus important concerne les femmes. Aujourd’hui elle n’ont aucune place. L’avenir de l’estancia dépend du rôle dévolu aux femmes. Elles doivent prendre de l’importance à travers la création d’une entreprise commune avec l’estancia pour créer, produire et distribuer les produits dérivés de la production agricole et de la nature disponible sur l’estancia. Cette entreprise sera le moyen d’avoir leur entière participation, comme la possibilité de développer des microcrédits pour les entreprises individuelles, de financer les formations pour affiner les produits et le cadre pour développer la créativité des habitants de ce lieu riche et si peu exploité.

Ainsi nous allons créer une société participative en commençant par produire des spécialités bio de qualité destinées d’abord au marché argentin :

- Des spécialités à partir de produits sauvages :

  • des confitures de sureau, de pêches sauvages (pêches de vigne), d’épine vinette…
  • du miel sauvage d’une qualité exceptionnelle.

- Des spécialités à partir des cultures de l’estancia :

  • des confitures d’airelles, de myrtilles
  • des jus de fruit frais
  • du “dulce de leche” bio, la confiture de lait mythique de l’argentine (j’ai vu un vétérinaire de Buenos Aires vider un saladier de dulce de leche fait par la cuisinière de l’estancia, jurant qu’il n’en connaissait pas de meilleur).

- Des spécialités de viandes séchées :

  • Viande des grisons à partir du filet de boeuf.
  • Cecina, spécialité espagnole à partir de l’entrecote.
  • Pastrami, entrecote casher ou halal éventuellement assaisonée d’ail et de piment doux.

Toutes ces spécialités sont étrangement absentes du menu argentin… et pourtant ils adorent le boeuf, ils rafolent du jambon cru, alors pourquoi ne pas créer un type de jambon argentin à partir du boeuf?

- développer des cultures spécialisées à haute valeur ajoutée :

  • Des spécialités andines : pomme de terre originelle, quinoa, maca, courges…
  • des plantes ornementales : bégonias spéciaux, jasmin de Juyjuy,…
  • des champignons frais pour les communautés asiatiques du marché argentin et brésilien : ganoderma sp., shitake (lentin du chêne), etc.

champlentin2champlongevite

Des spécialités de fromages :

  • la “quesadilla”, une sorte de mozzarella semi sèche qui est servie avec le dulce de leche.
  • Une tome de vache…

Mais là vient tout de suite l’intéret de la création de l’entreprise: travailler sur la formation des gens pour raffiner les savoirs-faire.

Une petite anecdote :

Quand le SIAL, le Mondial de l’alimentation à Paris a donné carte blanche aux Foodingues associés à la société NovaleNext pour présenter les tendances de l’alimentation mondiale sur un stand de 350m2, l’un des choses qui nous tenait à coeur était de présenter le rêve du Camembert

Lorsque le Général de Gaulle a pris ses quartiers aux Palais de l’Elysée, il a banni le fromage des tables du palais présidentiel. En France, trop de fromage, les repas durent trop longtemps. Tous? Non. Seul un Camembert, le Royal Montgomery, était autorisé. Le plus drôle était que le même fromage figurait à la table des Windsor, la famille royale britannique, à Buckingham Palace. Un comble pour notre ancien président; c’était le seul point commun avec notre général qui ne les tenait pas particulièrement dans son estime.

Nous avons contacté Mr Durand à Camembert qui avait pris sa retraite depuis 1982 pour qu’il nous refasse sa merveille… vacheveauxjpg1“mais mon bon monsieur, quand je faisait mon fromage mes vaches produisaient 3000 litres par ans, aujourd’hui les vaches en produisent 10 fois plus… et pourtant l’herbe n’a pas changé… Désolé, ce n’est plus possible.”

L’estancia dispose de 200 vaches Pardo Suisse, rarissime. Elles n’ont pas été exploitées depuis… Un véritable trésor surtout avec la biodiversité exceptionnelle de paturages à leur disposition sur l’estancia.

La société devra produire également du parmesan certifié bio pour satisfaire les gouts italiens de la population argentine. C’est pourquoi le développement d’une telle entreprise pourra permettre peu à peu, en fonction des bénéfices acquis, le financement d’expertises pour parfaire le savoir faire nécessaire à l’exploitation d’une telle richesse naturelle.

- Des spécialités à partir des production de noix (8000 noyers sont plantés cette année) :

  • de l’huile de noix,
  • des spécialité de noix confite
  • des gateaux de noix avec les tourteaux issus de la presse de l’huile…

Bon mais il n’y a pas que l’agroalimentaire, les femmes peuvent créer une petite unité de production de cosmétiques simples qui se développera peu à peu. Cette ligne se développera avec la participation du laboratoire de biologie molleculaire de l’université de Tucuman, auprés de laquelle les gens de l’estancia intéressés pourront effectuer des stages de formation.

- petite ligne de cosmétique bio :

  • savons à base d’huile d’algue
  • crèmes d’huile d’algue
  • compléments alimentaires à haute teneur en chlorophile et minéraux à base de tourteau d’algue séchée
  • huiles essentielles : verveine, sauge, lantana, etc.

Ces femmes bénéficieront de formation de design par les foodingues, tant au niveau du packaging, des recettes que des formulations. Cette entreprise permettra aux femmes d’intervenir à terme dans l’aménagement de leur cadre de vie. Les gains pourront servir à créer une salle de cinéma, une salle de fête… développer les activités qui les intéressent… redynamiser la vie de l’estancia grace à leur participation pleine et entière.

Mission Design Agricole – Argentine 3 / La biodiversité qu’il faut préserver à tout prix

March 22nd, 2009

lac1

- Les pâturages avec leurs cocktails de plantes médicinales et de rubiacées pour avoir un rendement optimum de viande que seule la nature peut procurer :

1pastotreflerenoncule-jaunepastoplantinreichardia-brasiliense-dsc_9615pastomodiola2

- des insectes auxiliaires pour éliminer les insectes nuisibles et des insectes nécrophages qui transforment les bouses en engrais.

bousier1bousier10bousier3bousier15

cocc1coxx5auxilierguepeauxversauxrhino

- Psylocibes et champignons nécrophages qui transforment le carbone en sucre, qu’ils échangent avec les plantes directement à leurs racines grace à leur réseau mycelien.

champbouse2champsbouse4champvessedeloup

Tous ces êtres sont les meilleurs alliés de l’agriculteur, lui garantissant un pâturage riche et sain.

pastochurki1

Mais voila, trop nombreux sont ceux qui l’oublient et préfèrent des méthode radicales.

24-dhommeru2245t

Voila deux molécules organochlorées qui ont été inventées en 1942 pour mettre fin à la seconde guerre mondiale en éradiquant toute vie sur le sol, toute culture, défoliant toute végétation. Mélangées à des détergents pour leur permettre de pénétrer plus facilement dans les cellules vivantes, elles sont devenues tristement célèbres sous le nom “d’agent orange”. Leurs liaisons carbones bien solides les rendent trés difficilement biodégradables. Ici un homme qui “désherbe” un ruisseau qui apporte l’eau potable au village… Ces mollécules ont été inventées en synthétisant une hormone de croissance du riz… Selon le professeur Séralini qui a pu mener ses études financées par une fondation indépendente, à des doses 100 000 fois plus faibles que celles généralement utilisées par un jardinier, elles provoquent des nécroses sur les placentas des femmes enceintes.

Voila ce qui est utilisé ici pour désherber des mauvaises herbes. Notre mission ici est de montrer que ces fameuses mauvaises herbes ne sont pas forcément mauvaises, ni concurrentielles avec les cultures… Gérées autrement elles peuvent devenir des alliées des cultures. Et tout cela pourquoi? pour planter un soja (OGM) qui a été modifié pour résister à ces produits… et au bout de 3ans voila le rendement de ce soja après 25 jours depuis le semis: pas plus haut que les pauvres herbes “concurrentes” qui ont été aspergées 3 fois de produits; une pousse de soja tous les 50cm…

p15sojaogmdetailsoja

En Argentine le prix de ces produits a augmenté de 25% en 2008 et on s’attend à une augmentation supérieure pour 2009… dépenser tant d’argent pour arriver à des résultats aussi médiocres… En tout cas à cet endroit, l’expérience n’est pas concluante. Inutile de vous préciser que les insectes, champignons et plantes médicinales du haut de la page ont été photographiés dans les sites indemnes de tout traitement, en amont de ces champs.

L’Argentine est l’un des plus grands consommateurs de ces produits chimiques. Aujourd’hui, 60% de la viande argentine provient de “feed-lot”, élevages confinés, nourris en partie de soja et de mais OGM. En Janvier 2009, le gouvernement argentin a demandé aux autorités médicales et universitaires de Buenos Aires de faire un rapport sur l’impact de ces produits sur la santé au niveau national.

Mission Design Agricole – Argentine 2 / audit sur le terrain

March 20th, 2009

toutpg

La seconde étape est une étape d’observation et de recherche sur le terrain pour relever toutes les ressources naturelles sur lesquelles nous pouvons compter:

  • la biodiversité
  • la composition, l’état des sols et les qualité édaphiques (eau, nutriments, durabilité, climat…) du domaine par une analyse des plantes bio indicatrices
  • les capacités et les limites agricoles tant naturelles, techniques, qu’humaines.

L’ensemble de ces éléments produiront un cahier des charges qui définira les premiers objectifs de la gestion du domaine, les besoins et les aménagements à effectuer en priorité.

gerardducerf-georgeoxley

40 000 hectares entre collines, plaines et montagne ne peuvent être parcourus qu’à cheval. 7 heures par jours avec un gaucho pour guide. Gérard Ducerf à cheval? du jamais vu.

  • la biodiversité : nous avons estimé que le domaine recélait plus de 1200 espèces de plantes autoctones, soit 1/6 de toute la flore que l’on peut trouver en France ce qui est considérable. Dont des plantes fouragères, bromes et rubiacées, qui ont été importées en Europe au XIX° pour nourrir le bétail européen et américain.
  • Les plantes nous indiquent que le sol est riche, mais fragile. L’argile a une trés forte tendance à se séparer de la matière organique et manque dans beaucoup d’endroit. Le surpâturage et les pratiques agricoles provoquent des canyons.
  • Le bouses de vache se dégradent avec beaucoup de difficultés, les traitement systémiques sont trop forts; les bouses sont devenus insecticides et les insectes nécrophages ne jouent plus leur role.
  • La grande préoccupation du lieu est de pouvoir nourrir le bétail l’hivers australe, lorsqu’il ne pleut plus et que le gel stoppe la pousse du fourrage. Les ingénieurs agronomes ont introduit pour la première fois depuis 4 ans des méthodes chimiques pour produire du soja et du mais génétiquement modifiés (OGM)…

panocanyon4

Voici un canyon qui menace d’emporter plus de 400ha en aval, qu’il absolument stopper.

Notre cahier des charges va s’articuler entre 3 axes forts:

  • stopper l’érosion;
  • rendre le domaine autonome par une meilleure gestion des ressources naturelles
  • gérer l’eau et les pâturages pour ne plus avoir à planter des annuelles telles que le maïs et soja OGM
  • stopper toute utilisation chimique qui détruit les plantes médicinales présentes qui renforcent les défences immunitaires du bétail, comme les plantes comme les rubiacées qui produit deux fois plus de viande avec une même quantité de fourrage.

Le maïs et le soja sont pour le bétail comme du sucre bon pour faire de la graisse et peu de viande. Cela est utile éventuellement lorsque l’on produit du lait, mais c’est complètement inutile pour la viande.

panopastopresIci quatre récoltes de fourrage peuvent être faites, en le récoltant juste au moment où les plante ont la cellulose en équilibre avec les protéines et sucres, afin d’obtenir le meilleur coefficient nutritif avec un éventail complet de plantes médicinales.