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‘Sols & agriculture’ Categorie

Facebook et Twitter sont des champignons : les engrais chimiques n’ont qu’à bien se tenir

February 24th, 2010

CHAMPENCORE
Un de plus. Un protocole de plus pour remplacer les engrais chimiques, développé par l’équipe de SOS SOil sur les cultures en Argentine, en Belgique et ailleurs, vient d’être validé par une instance officielle Française.

“Les champignons, une ressource insoupçonnée” voila ce qu’annonce l‘IRD, l’Institut de Recherche pour le Développement, dans sa publication trimestrielle.

Nous ne sommes pas les seuls à avoir découvert la boite de Pandore; pour l’IRD, Robin Duponnois travaille au Mali depuis 2006, sur la poudre de termitière. Il a découvert qu’elle était un parfait engrais pour les récoltes maraîchères.

De quoi s’agit-il en réalité?

Les termites vivent en symbiose avec des champignons qu’elles cultivent. Ces champignons digèrent pour elles les résidus de plantes qu’elles rapportent à la termitière. Ils produisent du sucre, du miellat dont elles nourrissent leurs larves.

En fait ce sont les myceliums qui travaillent, le corps du champignon, car le champignon lui-même, avec son chapeau, est un peu le fruit du mycélium, qui porte ses spores. Le champignon lache des spores qui inoculent cet humus ultra riche.

Lorsque l’on répend la terre de termitière sur les cultures, on répend des spores de champignons qui vont devenir des myceliums associés à des bactéries. Ce petit monde s’organise avec les racines des plantes pour leur apporter toutes les ressources en eau et minéraux dont elles ont besoin. En échange la plante apporte au mycelium du carbone qu’ils transforme en sucre pour les bactéries, en engrais et en antibiotiques spécialisés. La boucle est bouclée.

C’est comme si on venait d’installer dans le potager un goutte à goutte automatique couplé d’un approvisionnement en oligo éléments et minéraux spécialisés à chaque type de plante. Sophistiqué non?

L’extrême intérêt du mycélium est qu’il peut grandir très vite pour aller chercher l’eau et les minéraux là où il y en a. Et si il n’arrive pas à grandir suffisamment vite, il sait “communiquer” avec son réseau social pour organiser les approvisionnements. Il utilise son Facebook et son Twitter. Bon, au niveau people, il ne s’agit là que de bactéries; mais c’est de cela dont on a besoin ici. C’est elles qui apportent l’eau en échange de carbone finement préparé.

Il n’y a rien de triste dans la “Malheur National Forest” à l’Est de l’Oregon aux USA, non, il y a simplement l’être le plus grand et le plus vieux du monde : un mycelium d’Armillaria, le champignon de miel.

Cet énergumène recouvre 1 200 hectares… non vous ne rêvez pas, la superficie de 1 665 terrains de football. On estime qu’il a environ 2 200 ans. Bien sûr on peut passer à côté sans le voir : seulement un jour, on a construit une route pour traverser la montagne… un mois plus tard la route avait disparue, digérée. Le mycelium a mangé tout le bitume qui la recouvrait, pour en faire du sucre, etc.

En fait, nombreuses sont les clairières gérées par des champignons. Ils apportent un équilibre nécessaire à la force d’une forêt naturelle. L’Armillaria est une sorte de rouille destructeur d’arbre; en réalité c’est aussi un régénérateur de forêt, de sa biodiversité et de sa vigueur. Tant que l’arbre est fort, il le soutiendra et l’aidera à pousser à fond. Puis quand l’arbre montrera des signes de dégénérescence, il sera impitoyable et l’achèvera sans pitié pour permettre aux plus vigoureux de prendre le relais.

C’est un peu hystérique; pour l’image du vieux sage de la forêt s’adresser ailleurs. Mais la nature a de la ressource. Cette rouille a deux ennemis qui vont la contrôler : des levures, mais aussi d’autres champignons, comme le champignon chou fleur, par exemple, le Sparasis crispa.

Voila pourquoi les vignerons, où les cultivateurs de patates, s’ils le veulent peuvent éviter complètement le mildiou, en réfléchissant sur les mêmes principes. En cherchant un peu, on trouve toujours quelque chose qui en équilibre une autre. Si c’est la nature qui s’en charge, c’est toujours plus efficace et durable.

En fait de très de nombreux champignons agissent comme des prébiotiques qui favorisent les bonnes bactéries, contre les mauvaises. Lesquelles sont bonnes, lesquelles sont mauvaises? Chacun son réseau; le bon ou le mauvais? Tout est relatif et circonstancié, n’est-ce pas? chacun son utilité… Alors que l’homme tue tout ce qui bouge à coup de pesticides au chlore ou au phosphore. Circulez ya rien à voir.

Pourtant ces échanges sont la base de la vie : la plante apporte le carbone avec ses feuilles qui tombent et par ses racines. Les myceliums ont tout intérêt à ce que cette plante grandisse le plus et le plus vite possible pour en bénéficier un maximum. Logique non?

Les conséquences de ce principe de base de la vie sont innombrables:
Une assurance anti bouleversement climatique notamment. S’il n’y a plus d’eau, il peut prendre le relais en en apportant l’eau de loin ou de profond; soit lui-même, soit en s’aidant de son réseau de bactéries associées, car elles aussi sont friandes de sucres. En peu de temps  Il devient une sorte de super goutte à goutte intelligent. S’il y trop d’eau, le mycelium et son réseau bactérien ira la stocker dans la nappe phréatique.

Ce réseau, bactérie-mycelium est organisé depuis plus de 600 millions d’années. Les plantes s’y sont inscrites il y a environ 400 millions d’année.  Il est tant que l’homme en “devienne fan”.

80% du vivant sur terre habite les 15 cm de sol en suface. Il faut se souvenir que le sol est un être vivant. S’il meurt, l’eau ne pénètre plus, elle ruisselle en surface, l’érosion est lancée. Ce sont les bactéries et les êtres vivants du sol, qui permettent à l’eau de pénétrer dans le sol. Les bactéries aérobiques qui vivent avec l’air sont en surface, les anaérobiques sont au fond. C’est la base de la vie du sol.

Lorsque l’on laboure, l’on tue toute la vie du sol. en brulant les unes par trop d’oxygène, en étouffant les autres en les enfouissant. En plus on détruit tous les myceliums. Simple, non?

Le plus drôle, c’est que cet institut français, l’IRD a l’impression d’avoir découvert la lune… alors que ces constatations scientifiques sont le résultat de très nombreuses recherches tout au long du XVIII, XIX et XX siècle. La liste de chercheurs est longue, je ne citerai que Braun Blanquet, encore une fois. On ne gagne pas d’argent en se basant sur des bactéries et des champignons, c’est comme l’air et l’eau on en a tant qu’on veut, cela ne rapporte rien; pas comme les engrais chimiques, pesticides, sans parler des fongicides. Personne ne va prendre un crédit pour s’équiper…

Détrompez vous, aprés avoir transformé l’eau en marchandise, voici le champignon, à quand l’air? Dans son grand élan pour aider les pays en voie de développement, l’IRD a breveté ses recherches. Breveté le vivant. Breveté l’inocula de termitière.

Monter une start-up au Sénégal pour vendre des arbres et des légumes inoculés, associés à des champignons, d’accord… mais breveter le vivant! Ils n’ont honte de rien; et tout cela au nom de l’aide des pays en voie de développement. Bon si cela peut rendre un semblant de sérieux à ces procédé naturels, pourquoi pas finalement. C’est vrai que si la technologie ne coute rien, elle n’est pas prise au sérieux. Mais quand même, breveter le vivant…

En chemin, ils ont appris que certains champignons pouvaient parasiter des insectes et devenir des biopesticides :
Le Cordyceps myrmecophilia par exemple, se développe sur les fourmis qui mangent le bois. On utilise les Cordyceps ssp. pour se débarraser des termites (aux USA, mais toujours pas en Europe). c’est absolument fascinant de voir comment une fois le spore se développer dans le corps de la fourmi, sans jamais toucher ses fonctions vitales, mais bien au contraire, en en faisant une super fourmi. C’est la que le mycelium apprend à controler le cerveau de la fourmi. Et le jour J il prend les rênes. Il fait monter la fourmi le plus haut possible et la fige raide. A ce moment un champignon pousse sur la tête de la fourmi et lâche ses spores le plus loin. Incroyable.

Ils ont appris qu’un arbres inoculé avec le bon champignon pouvait grandir 3 fois plus vite; C’est encore ce que font les USA depuis 2002 pour replanter les arbres sur la côte Ouest, surtout depuis les très graves incendies de 2006 et 2007.

Ils ont appris qu’un plan de pomme de terre peut donner jusqu’à 3 fois plus de rendement, ce que nous enseignons aux péruviens depuis 2003, un projet qui nous a valu la médaille d’or de la FAO (les Nations Unis de la Nourriture) pour la sécurité alimentaire. Une vigne pouvait devenir géante et super productive tout en respectant la qualité du vin, ce que nous enseignons en Bas Armagnac depuis 2009.

Ces techniques basiques de la vie que nous employons depuis des années, mises en place notamment en réfléchissant et analysant les techniques de culture “sauvage” avec mulch de Masanobu Fukuoka au Japon, ces Français veulent les breveter sous prétexte de les vendre aux pays du sud. Incroyable non?

Mais le vers est dans le fruit. Agriculteur du Nord même si l’on vous dit que tout cela n’est valable que pour le Sud, réveillez vous et posez vous des questions. C’est à la portée de votre intelligence, non? Etre agriculteur c’est jouer à la croisée des sciences, la botanique, l’entomologie, la mycologie, la microbiologie cellulaire… Mais avant tout, nous sommes à l’aire de l’information : faire de l’agriculture aujourd’hui c’est aussi informer et communiquer avec son sol.

Les pesticides changent de climat ou de planète?

December 10th, 2009

maisnet
Mes chers amis, une chose incroyable est arrivée en marge de la Conférence sur le Climat de Copenhague, un véritable changement de climat mental, un réchauffement pour les coeurs, une vraie bonne nouvelle : le trés respecté Centre de recherche de Routhamsted communique sur des protocoles de culture du maïs sans pesticide et sans engrais.

Oui vous avez bien lu, cela provient d’un des centres de recherche des nouvelles technologies agricoles européens les plus à la pointe, digne héritier de l’effort de guerre britannique qui produisit l’agent orange, les OGM etc., qui par la voix du Pr. John Pickett, son chef du département des insecticides et fongicides récemment rebaptisé “laboratoire de chimie biologique”, du centre également rebaptisé “centre de gestion durable des pestes et maladies”, ceux là mêmes qui ont inventé récemment le Pyrètre synthétique et bien d’autres produits que l’on retrouve dans notre assiette, que l’on fixe petit à petit dans notre organisme, à corps défendant avec les légumes que nous mangeons; et sans le prévoir, les bords de mer reçoivent les eaux des sols agricoles, se couvrent d’algues toxiques, tuent les animaux qui s’y frottent; on aimerait bien transformer ces algues en quelque chose, mais ce n’est pas encore une priorité, malgré les centaines de millions d’euro qui y sont consacrés (+600 million en France seulement).

Bien sûr, le trés sympathique professeur Pickett ne renie rien de ses vieux amours de chimie inorganique et de ses poudres de perlimpin qui font la joie du commerce et de l’endettement des paysans. Mais voila son discours est désormais clair et radical : il prêche la bonne nouvelle; “Pays en voie de développement, vous n’avez plus besoin de pesticides, ni engrais pour faire pousser votre maïs : vous avez désormais la technique du “Push&Pull”, la “trappe et le repoussoir”, pour vous permettre d’augmenter vos rendements de 50 à 600%”.

De quoi s’agit-il? Tout simplement d’utiliser les moyens que la nature nous a mis à disposition pour augmenter ses rendements au plus faible coût.

En plus d’un sol généreux et de l’eau, le maïs a besoin de deux choses pour pousser : de l’engrais sous forme d’azote et d’éviter les attaques des petits vers de la pyrale, des petites mites qui l’ont élu meilleure pouponnière du siècle. Notre brillant laboratoire a repris mine de rien, les études de l’illustre botaniste Josia Braun-Blanquet, publiées en 1922 dans son livre “la Sociologie des Plantes”; un livre aujourd’hui épuisé, que j’ai réussi à acheter par internet car l’Université agronome de Bradford se débarassait de ses vieux bouquins, jugés inutiles pour l’enseignement d’un agriculteur moderne.

Pourtant “la Sociologie des Plantes” de Braun-Blanquet et les “Cours d’Agriculture” de Rudolf Steiner, inventeur de la biodynamie, devraient être les deux ouvrages de référence sur la table de nuit de tout agriculteur.

De quoi s’agit-il? Planter le maïs avec deux autres plantes : l’une va le protéger des prédateurs, l’autre va lui donner de l’engrais et attirer les insectes auxiliaires, qui vont le débarrasser des nuisibles.

La première est une graminée la Pennisetum purpureum, plus connue sous le nom d’herbe à éléphant, car elle pousse jusqu’à 3m de haut et fait le délice de tous les Dumbo du Kenya. C’est aussi le pécher mignon de la pyrale une petite mite qui détruit le maïs, qui la préfère de beaucoup. Mais voila, dés que la petite mite a pondu dessus, notre herbe à éléphant qui connait la musique, sait parfaitement se défendre : elle produit une résine qui digère les oeufs de pyrale. La nature est bien faite n’est ce pas? En plus les racines de notre pennisetum n’occupent pas du tout le même terrain que celles du maïs : elles plongent bien plus profond, empêchant toute érosion du sol et favorisant une bien meilleure pénétration de l’eau tout en retenant l’humidité pour le maïs qui en a bien besoin en plein été. Notre herbe empêche l’évaporation. Pas mal.

La seconde plante que l’on sème est une légumineuse, le Desmodium Ssp, une sorte de haricot. C’est bien connu, les légumineuses sont championnes toutes catégories pour fixer l’azote de l’air dans le sol, grâce à leur nodosités racinaires et aux mycéliums de champignons avec lesquels elles sont associés. Donc plus besoin d’engrais pour le maïs. Cet azote là, contrairement au synthétique minéralisé, est complètement assimilable par le maïs. En plus les desmodiums font des jolies fleurs roses en forme de gueule de loup, qui attirent toutes les mini guèpes coquettes bien plus que le dernier parfum à la mode. Ces guèpes ont pour plat favorit justement les petites mites qui aiment tant notre herbe à éléphant. L es desmodium peuvent fixer entre 200 et 250 kg d’azote par hectare. Si d’aventure, il y en a trop pour notre maïs, en agriculture les excès sont pires que les carences, et bien notre desmodium provoquera la pousse d’astéracées, les petites herbes médicinales à fleurs qui elles aussi font le bonheur de nos guèpes et pollénisateurs.

Alors pendant qu’on y est, profitons en et plantons autour de notre champs des astéracées comme le tournesol ou bien le fameux Yacon Smallanthus sonchifolia, de la même famille et des radis comme le Raphanus sativus niger, le radis noir, ou la maca, lepidium meyenii, qui apporteront leur dose de soufre et éloigneront les prédateurs de nos astéracées…

Résultat? Au lieu d’une seule récolte de maïs, nous avons encore plus de maïs et un bon fourrage pour les vaches et une récolte de tournesol et une récolte de yacon qui nous servira de sucre même aux diabétiques et des radis noirs et de la maca plein de vitamines. Pas mal?

En plus on aura un beau champ tout vert, plein de fleurs et de vie. Car pour avoir une vrai bonne récolte, on n’aura pas labouré, les semis du maïs et de desmodium se font directement, semis direct sans labour et le reste à la volée. Pas trop fatigant tout cela. En plus le Pennisetum et le desmodium sont des plantes pérennes; une fois qu’ont les a planté c’est bon pour les années suivantes et le champs sera toujours vert et toujours fertilisé et humide.

A côté de ce protocole de culture du maïs, en Argentine nous en avons lancé un autre, histoire de décomplexer le paysan qui s’occupe du potager. Nous l’avons appelé le protocole de l’Inca, car il est inspiré des anciennes techniques décrites par les fouilles archéologiques non loin de Puno au Pérou, autour du lac Titicaca qui est encore utilisé par les indiens Hopi au Sud des USA :

Dans la même parcelle, on a planté toutes les variétés possible de maïs des Andes imaginables, toutes les couleurs de graines. Notre paysans a absolument voulu travailler la terre, bien qu’on lui ai dit que ce n’était pas la peine. Qu’est ce que vous voulez, s’il ne travaille pas, il est convaincu qu’il ne récoltera rien. Tout travail mérite salaire, même si cela ne sert à rien.

Au pied de chaque maïs, on lui a dit de planter une fève, un haricot et un petit pois et au milieu des rangés, des graines de potirons et autres cucurbitacées. Au Nord, face au soleil austral, du yacon, au sud du tournesol et tout autour bordant l’herbe des radis et du maca. Sa petite parcelle c’est ainsi transformée en un véritable village de plantes où toutes jouent un rôle pour la communauté et s’entendent en parfaite harmonie, enrichissant la terre et préservant l’eau. Tout pousse à merveille et nous attendons 7 récoltes au lieu de notre seule récolte de maïs.

Cela laisse présager de superbe bombances gastronomiques et donne de l’espoir quant au futur de la sécurité alimentaire de la planète.

Voila ce que j’appelle une belle démonstration du design agricole.

Voila un exemple que l’on doit suivre si l’on ne veut pas subir les grincheux alarmistes qui veulent vous vendre leurs chimie fort douteuse. Merci Professeur Prickett.

Décembre 1984, Il y a tout juste 25 ans, souvenez vous : Bhopal, des centaines de milliers de morts que l’on ne finit plus de compter. A Bhopal, Dominique Lapierre qui se bat depuis 25ans pour aider les survivants à se soigner et vivre ; il a créé une fondation en leur léguant tous ses droits d’auteur ; les Lapierre se démènent à travers la planète entière pour que cela n’arrive plus jamais.

Si on avait expliqué aux paysans indiens qu’ils pouvaient se passer de pesticide pour faire la Révolution Verte, on n’en serait pas là. On ne construit pas une usine pas rentable.

Souvenez vous du Zyclon B des camps Nazis, de ses 5 millions de morts ; plus récemment des projectiles organophosphorés reçues par les Kurdes gazés de Halabja en 1988, Falloujah en 2004, le Liban en 2006 et j’en passe et des meilleures… voici quelques produits dérivés de la recherche sur les pesticides. Pensez y ; ayez en tête le type d’industrie que vous soutenez au moment d’acheter vos produits phytosanitaires. Herbicides et pesticides servent à tuer.

Il ne sert à rien de tuer aveuglément la nature. Renseignez vous sur la vie et comment cela marche d’abord. Vous y gagnerez au centuple en appliquant des protocoles de culture tels que nous avons décrits aujourd’hui.

De la biodiversité plein les dents

November 9th, 2009

Comment protéger la nature avec un dentifrice?
foret de verveine
1200 plantes différentes. c’est ce que nous avons relevé sur les 40 000 hectares où nous travaillons dans le Nord Ouest argentin. En 3 semaines. En réalité nous en avons trouvé un peu plus de 400; le botaniste sait qu’il ne voit pas tout. Lorsqu’il voit une plante dans un bout de nature qu’il arpente pour la première fois, il sait que pour chaque plante trouvée, il en loupe deux. En quelque sorte, un botaniste c’est un peu un modeste vantard.

1200 plantes c’est 1/5 des plantes européennes. 6000 plantes constituent la biodiversité de toute la France, l’Angleterre, la Belgique et l’Allemagne réunies. Sur ces 6000 plantes, peut être 2000 sont comestibles, 1000 sont excellentes. Dans un supermarché? vous en trouverez 27 à tout casser. Nature abondante et société de pénurie, culture de pauvreté?

Les cinq dernières années de sa vie, je retrouvait dés que possible, à la sortie de son bureau, Théodore Monod, le grand naturaliste disparu depuis. Nous allions taquiner l’absurde: toutes sortes de méduses, de crevettes et de crabes sur les quai de l’ile Saint Louis, quais de Seine, à Paris pour parler plante et liberté.

La biodiversité c’est une belle chose, alors on la protège. Un vrai bijou de famille que l’on met à la banque dans les tréfonds d’une ile au large d’Oslo : la Banque Globale des Semences du Svaalbard. “l’Arche de Noé de notre héritage biologique planétaire” annonce Jens Stoltenberg, le premier ministre norvégien. Quand on sait que les inventeurs des herbicides participent à ces expériences, où va donc se cacher la vie, la liberté?

Arche de Noé. Après nous le déluge. Pourtant vivre c’est évoluer. Si l’on retire ces graines de la vie à quoi bon. La meilleure façon de préserver la biodiversité n’est ce pas plutôt la reconnaitre, l’utiliser, la comprendre, la vivre?

1200 plantes dans un domaine qui élève 7000 têtes de bétail, ce n’est pas non plus la meilleure idée pour protéger la nature. Pourquoi les protéger d’ailleurs? Avant notre arrivée tout le monde ici ignorait ces plantes; elles gènent, le bétail ne les mange pas, elles poussent au milieu des cultures, elles envahissent les pâturages; “yuyus”, mauvaises herbes. Les plantes, le paysan, connait pas. La biodiversité fait peur, on la combat, on l’éradique pour avoir de beaux champs bien homogènes. La biodiversité? Qu’est ce que c’est? le plus grand choix de téléphones portables?

Seulement quand vous êtes à 3 heures de piste du premier supermarché, de la première pharmacie, comment vous faites? Il suffit d’une rivière en crue pour rester coincé. Eh bien on fait quand même tout venir de la ville, sauf la viande bien sûr. Si vous êtes malade, on attend que cela se passe.

Ici, c’était la terre des Indiens Calchaquis Diaguitas. En Argentine, c’est bien connu, il n’y a plus d’indien. Ceux qu’ont épargnés les blancs ont été rattrappés par la grippe. En 1621 le Duc de Palota se plaignait déjà auprès du roi d’Espagne du manque de main d’oeuvre, décimée par les épidémies amenées par les blancs.

Les indiens d’aujourd’hui ne se reconnaissent plus dans leurs ancêtres. C’est pas chic d’être indien. C’est comme si tous venaient d’Espagne. Le blanc, la grippe, l’autre grande plaie que désignent toutes les fouilles archéologiques, c’est la carie, le mal de dent. Pas un crane précolombien n’a de dents saines. Quand les nouveaux propriétaires sont arrivés, il y a cinq ans, presque plus personne n’avait de dents. La priorité a été de faire venir un dentiste.

La grippe, les caries? Ici, on a toutes les plantes sous la main pour soigner. Mais personne ne les utilise plus. Un truc de vieille bonne femme, d’indien, pas de blouse blanche pour vous regarder dans la bouche, pas sérieux tout cela.

Heureusement les budgets de la recherche pharmaco ont chuté, la curiosité des gens s’est éveillée, Claude Levy Stauss est passé par là pour nous dire que les indigènes pouvaient avoir des culures aussi intéressantes que les notres… un sans culotte de l’esprit colonial.

Les Américains ont fait le blocus de Cuba. A la Havane, des médecins géniaux se sont retrouvés sans médicaments. Seul salut, la débrouille. Ils se sont retournés vers les savoirs alternatifs, les savoir anciens avec leur esprit scientifique. Comprendre les plantes et écouter les vieux herbalistes… un peu d’ethnobotanie, c’est passionnant : la rencontre de la botanique, de la médecine et de ses essais cliniques, de l’ethnologie des usages locaux des plantes. L’homme dans la nature. Tout un monde. Les plus brillants esprits d’Amérique du Sud ont emboité le pas dans les années 80 et aujourd’hui une grande révolution est en marche.

Les dents?
Il y a du maca pour les minéraux et les vitamines, et plein d’autres plantes pour renforcer les défenses immunitaires. L’amarante aussi, bourrée de calcium, de magnesium, de phosphore et en plus les éléments qui permettent de les fixer dans les os et les dents.

Les caries? Aloysia triphylla

Des gensives sensibles? le Bulnesia sarmentoi

La grippe? il y a le Berberis buxifolia (véricide des virus de la grippe A et B) et l’Eupatoire.

Un rhume? le Quebracho blanc, l’Acanthospermum hispidum, le Lomatia hirsuta, le Turnera afrodisiaca…, une toux? le Conyza bonariensis, le Geoffroea decorticans…

Attention, il faut savoir comment les utiliser. Au delà de la connaissance des familles de plante, il faut étudier la toxicité de chacune d’elles. Il ne faut pas prendre les plantes à la légère, si elles peuvent soigner, elles peuvent aussi tuer. Sans tomber dans une psychose à deux sous, mieux vaut s’adresser à un spécialiste.

Le but est ici d’avoir de quoi subvenir aux premiers soins. Etre plus indépendant de la ville. Faire comprendre la biodiversité, pour l’utiliser. Pour cela il faut nommer les plantes. C’est la première étape pour les protéger. Après? Donner les protocoles pour réaliser des teinture mères de celles qui sont les plus recherchées. La teinture mère permet de sortir les principes actifs choisis des plantes et de les conserver au mieux pour soigner.

Teintures mères, phytothérapie, l’Argentine pionnière mondiale du soja transgénique n’est pas le marché le plus porteur pour lancer une production rentable. Il faut penser à autre chose. Puis, en discutant avec l’adorable responsable édenté qui s’occupe du potager, sur les manières traditionnelles de macher la feuille de coca, il m’indique une plante qui remplaçait le bicarbonate de calcium pour faire précipiter l’alcaloïde. Voila, ça y est. Le bica c’est la base du dentifrice. S’il y a une source de bicarbonate mieux acceptée par l’homme, pourquoi ne pas l’utiliser pour faire du dentifrice? Le dentifrice c’est un produit utilisé tous les jours par tous, c’est peut être la solution à notre question.

Coups de téléphone, rendez-vous avec la marque la plus respectée de dentifrice d’Argentine. En parallèle, direction l’Université la plus proche, l’Université dentaire de Tucuman et la Fondation de recherche en botanique d’Argentine.
Les Argentins recherchent un dentifrice alternatif au fluor, que de nombreuses études scientifiques commencent à critiquer: excès de fluor, conséquences sur l’organisme humain et pollution de l’environnement.

Le deal est fait. Cinq formulations sont établies. L’Université et la Fondation l’étudient pour approuver et retoquer les concentrations, les contre-indications éventuelles. Nous sommes en passe de sortir le premier dentifrice bio issu du commerce équitable. Mais surtout le premier produit issu de l’ethnobotanique qui soit élaboré en collaboration avec les détenteurs de cette culture ancestrale validée et mise en oeuvre par la science moderne.

Tous à vos brosses à dents, grâce à vous 20 000 hectares vont rester sauvages, des hommes vont retrouver leur histoire et leur vérité spirituelle. La feuille de coca est le langage des Andes; c’est la base de tous les échanges entre les hommes et de tous les échanges des hommes avec les Dieux. C’est le ciment de ces civilisations depuis plus de 3000 ans.

Un peu plus de design agricole: la grange solaire version “débrouille”

November 6th, 2009

A quoi rêve une vache…

VACHENOIRE

A cela

PASTOBON3

encore celapastobon2

et encore cela

pastomodiola

de l’herbe quoi …VACHENOIREPENSE

Mais ici au Nord Ouest Argentin,  l’herbe l’été, ne peut pas sécher, il pleut trop, elle pourrit. Nous avions fait le design d’une grange solaire pour sécher le foin. Mais qui voudrait dépenser de l’argent pour de l’herbe. Quelle idée? C’est pas sérieux l’herbe.
Alors nous avons revu notre copie… la grange est moins glamour, moins techno, mais grace à cette remise en question nous avons abouti à un consept complètement solaire qui fonctionne absolument sans machine :

barnpoor

Le foin est déposé sur un tapis roulant en filets agricoles de récupération, actionné par une pédale actionnant un système de rouages qui le fait avancer de 2m en 2m; juste de quoi laisser quelqu’un épandre le foin bien régulièrement.

La grange fait une trentaine de mètres de long et une dizaine de large. Une fois le foin bien réparti, la grange est fermée hermétiquement, le plus possible. Le soleil chauffe le toit. L’air s’en va par les cheminées du toit en créant une dépression, l’air à la température extérieure rentre par le bas et traverse le foin. Le foin est relativement près du toit comme cela il bénéficie du chaud du toit, mais sans cuire. C’est le système du push&pull, de vases communiquants boostés par la thermodynamique et la viscosité de l’air humide avec une petite aide du maelstrom. Merci maestro.

barnpoorinside

Le truc? L’air en arrivant et en partant est accéléré par un système de vortex qui booste la circulation d’air et le renouvelle à toute allure de manière à sécher au plus vite. L’intérieur est astucieusement mis en place pour renforcer ces volutes invisibles et des systèmes de récupération de condensation sont placés là où il faut. Le tour est joué. La grange est désormais entièrement solaire.

VACHETERREIl fallait insister et ne pas abandonner le projet sur l’autel du progrés OGM, car voila ce qui attend les vaches en hivers si rien n’est fait pour elles… Ces petits veaux tout juste nés et ces vaches pleines n’ont plus qu’à manger de la terre; comme les hommes à Haïti vous me direz…

Non, ici les vaches ont plus de chance que les hommes… les ingénieurs s’occupent d’elles. Un peu partout dans le monde on apprend aux jeunes étudiants en agronomie qu’il faut donner du maïs aux vaches. Vous pensez on ne va pas leur donner de l’herbe quand même, cela ne nourrit pas comme le maïs; OGM, c’est tellement plus simple à faire pousser. Il suffit d’acheter les graines chaque année, les herbicides, les engrais, les pesticides qui vont avec et les machines pour tout épandre et bien compacter la terre. Tout le kit; on vous fera facilement un emprunt pour cela, il faut soutenir l’économie, ça marche bien.

Il faut rappeler que le maïs seul, ne fabrique pas de viande, mais de la graisse. C’est bien, mais il ne faut pas que l’animal bouge, sinon il la perd… c’est peut être pour cela que l’on a créé les feed lot, sorte de camps de concentration où l’animal est gavé sans pouvoir bouger… 80% de la viande argentine provient de cela… la viande brésilienne, la viande française…

La combinaison gagnante c’est le tourteau de soja OGM. On récupère l’huile pour les voitures et on donne le résidu, le tourteau au bétail… C’est ce que mange 70% des vaches en France. La France est  le meilleur client de tourteau de soja OGM du Brésil; plus d’un quart des exportations brésiliennes. Les cultures OGM sont interdites en France, mais les vaches nourries au soja OGM, dans leur étables, sans pouvoir bouger, sont-elles OGM? Eh bien non, logique…

“Colonizar a Amazonia pela pata do boi” “l’Amazonie par la pate du boeuf” … le grand slogan des politiciens brésiliens des années 70 s’applique enfin à fond… pour nourrir chaque français il faut 458 m2 de forêt amazonienne plantée de soja OGM, selon Greenpeace. Ce n’est pas finit, la consommation de viande augmente chaque année : cette année de crise, elle a fait environ 28%. Depuis les années 70 la production de soja est passée de 0 à 21 millions d’hectares au Brésil. On n’arrête pas le progrès.

Revenons à nos vaches; ici, dans le nord argentins, le maïs une fois poussé, est laissé sur pied pour être consommé en hivers ou bien transformé en silos… Les silos ce sont ces gros tas noirs dans les champs, couverts d’une bache noire et de pneus, un joli paysage bucolique. Le maïs est broyé et laissé fermenté jusqu’à l’hivers. Ce principe marche parfaitement bien en laboratoire, mais dans la nature ce n’est pas toujours évident à gérer, car il est assez difficile de faire le tri entre les bactéries qui vont fournir des acides lactiques et les levures qui vont en faire de l’alcool…, c’est petit ces bestioles là, vous savez.

VEAUX SILOS

Bref les petits veaux que vous voyez devant vous sont complètement bourrés… pafs… pas un seul ne marche droit, vous me direz “ils ne conduisent pas, ce n’est pas grave…” en fait l’alcool s’attaque directement à leur foie; et le foie c’est lui qui gère et construit les défenses immunitaires. Ces veaux sont mal partis dans la vie. Ils vont passer leur temps chez le vétérinaire. Pour éviter de dépenser de l’argent tout de suite, ils vont en coûter beaucoup plus plus tard. C’est sans compter avec les fermentations butyriques qui sont causées par la terre et les bactéries qui s’y mêlent… un petit veau n’y résistera pas 3 mois.

En Argentine le problème est là : le prix de la viande est bloqué par l’état… 20cent d’euro le kilo. Cela ne rapporte plus de faire de la viande, tout le monde abandonne… Les seuls qui s’en sortent, ce sont ceux qui les nourrissent à l’herbe, m’avoue un ingénieur agronome… pourtant tout le monde pousse encore à planter du mais et du soja… Les Argentins viennent d’annoncer qu’ils ont un déficit cette année 2009 de 3millions de veaux… Non, vous ne rêvez pas, nous parlons bien de l’Argentine d’aujourd’hui, l’Argentine qui produisait les records de viande du monde est aujourd’hui celle des ingénieurs agronomes. Comme disait Coluche, “vous les laissez dans le désert : au bout de 3 semaines ils vous réclament du sable”.

Ici, d’aprés les calculs que nous avons faits sur le terrain, le maïs transgénique a donné cette année 12t/ha en mouillé et 8t/ha en sec… peut être ce sont les graines, le terrain… je ne sais pas pourquoi le rendement est si faible… cependant avec le pâturage on est entre 20 et 60 t/ha… et en plus, une fois que c’est planté cela repousse chaque année… plus besoin de racheter des graines, il n’y a plus qu’à récolter… Vous choisissez quoi vous? Et bien ici on reste au au maïs.

La grange solaire : le design agricole et ses idées lumineuses

September 27th, 2009

Le pâturage naturel est le meilleur aliment pour un ruminant. Les vaches y trouvent tous les éléments pour constituer leurs défenses immunitaires et les protéines pour faire du muscle et du lait pour leur veaux. panopotreros2

Seulement, sous le Tropique du Capricorne, dans la région de Salta au Nord Ouest de l’Argentine, il ne pleut que les 3 mois d’été austral: Décembre, Janvier, Février. En trois mois, il tombe entre 1000 et 1500 mm d’eau, à peu prés ce qu’il tombe à Brest ou Bruxelles en un an. L’été, au Tropique, c’est aussi le moment où le soleil est à la verticale, au plus proche de la terre.

Dans ces conditions l’herbe pousse d’une manière spectaculaire. En générale l’herbe est le plus équilibrée en protéine et en sucre au moment de l’épiaison, lorsqu’elle fait ses fleurs. C’est à ce moment qu’on doit la récolter pour faire des réserves pour l’hivers optimum pour la nutrition.

Naïvement on pourrait croire que le maïs ou d’autres cultures, pourraient donner un plus grand rendement que l’herbe. Mais c’est faut. Non seulement le maïs n’est pas une nourriture pour la vache, il lui apporte trop de sucre qui ne fait pas de viande, mais de la graisse. Il suffit que votre vache se mette à gambader pour que cette graisse disparaisse immédiatement. Pa besoin d power plat, pas besoin de salle de gym.

En plus, un champs de maïs chez nous, cela donne 80 à 120 quintaux alors, avec l’herbe on dépasse rapidement les 200 quintaux voire sur certaines parcelles on est proche des 600 quintaux avec l’herbe naturelle. Ici on est sous les tropiques; le climat c’est ou trop ou pas assez, jamais au milieu; ce n’est pas une récolte et puis c’est tout; pendant 3 mois, toutes les 3 semaines une coupe nous fournit de 70 à 100 quintaux hectare, sans avoir besoin de labourer, rajouter de l’engrais… cela pousse tout seul. En plus c’est une assiette bien diversifiée, mélangeant plante nourricières, plantes appétentes et plantes médicinales, un repas complet.

Seulement pour conserver le foin, il doit être sec. Ici c’est impossible, il pleut tous les jours. Il faut donc trouver un truc. grange1C’est la grange solaire. Le toit qui protège de la pluie et sert de four pour produire de l’air chaud qui est diffusé au dessous du foin pour le sécher peu à peu.GRANGE2Le foin est apporté par l’autochargeuse devant la grange. Une pince distribue le foin dans la grange; puis prend le foin sec pour le déposer dans l’entonnoir qui amène le foin à la machine qui fait les rouleaux.GRANGE3Puis les rouleaux de foin sont stockés dans l’autre partie de la grange, avant d’être distribués dans des lieux de stockages où l’on en aura besoin.

Ici il y a 7 000 bêtes à nourrir l’hivers, lorsque le pâturage ne pousse plus. La surface utile de pâturage représente environ 20 000 ha. Cela en fait des kilomètres. Aucun déplacement de tracteur ou de pickup ne doit être fait à la légère. Il y a toujours des rouleaux à déplacer. 500 m3 de foin sont séchés par semaine. Une fois compressé en rouleau cela nous fait 200 rouleaux environ. En 10 semaines la grange est pleine. Il faut donc répartir le plus possible les réserve sur tout le territoire.GRANGE4Le principe de la grange solaire: l’air rentre sous le toit pour se réchauffer et être pulsé par un ventilateur sous le foin et expulsé une fois chargé d’humidité. Un calcul de thermodynamique doit être réalisé afin d’obtenir des températures constantes et ne dépassant pas les limites pour ne pas “cuire” le foin, ni le brûler. On doit toujours rester à 10°C au dessu de la température ambiante pas davantage. Il fait 35 à l’ombre, 80 au soleil. Au midi solaire ici on atteint facilement les 15kW/h/m2, ce qui est beaucoup; le flux d’air doit être donc calculé en conséquence.

Seul inconvénient : cette grange solaire a besoin de machines dont l’énergie serait trop onéreuse de produire par des panneaux photovoltaiques. Pour actionner le gros ventilateur et la pince de 1,5m de diamètre, qui coure sur son rail de 30m de long, nous sommes obligés de mettre un générateur qui fonctionne au diesel. Pour cela on lance un programme de fabrication de bio diesel à partir de micro algues qui digèrent le carbone des déchets agricoles. Il faut être autonomes, la première pompe à essence est à 2 heures de piste.

Les vaches nous parlent de santé

July 25th, 2009

vachefleurfaceL’essentiel des maladies de la vache proviennent de son alimentation.

C’est la biodiversité de sa nourriture qui construit ses défenses immunitaires; mais attention aux excés, ils peuvent détruire ces défenses immunitaires en un clin d’oeil.

vacheveau

C’est la même chose pour l’homme. Chez la vache cela se voit quasi instantanément; l’homme, on s’habitue à ses faiblesses passagères. La vache, un déséquilibre dans sa nourriture se répercute immédiatement sur son poil, au coin de ses yeux,  la propreté de son arrière train, le gras de son pelage, ses bouses… La vache nous parle de son état de santé en permanence : il faut l’observer et corriger son alimentation pour sa santé.

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Sinon ces excès vont provoquer des mamittes, des parasitismes, jusqu’à des avortements et des morts de veaux à la naissance.

Comment cela peut se produire ?

Un champs est dominé par le trèfle, la vesce et le lotier. Le trèfle n’a rien de mauvais en soi, bien au contraire il est essentiel pour la pousse des graminés; mais en excès ces légumineuses apportent trop d’azote au menu quotidien de la vache : tout de suite les bouses de vache deviennent de plus en plus liquides. vachegratte

Puis l’arrière train de la vache se salit; des petit cristaux noirs apparaissent aux coins des yeux; le ventre devient également sale et le poil du garrot part dans tous les sens. Quelques jours après, si son menu ne change pas, la vache commence à lécher son flan arrière, puis se gratter sérieusement et c’est un début de parasitisme…

Si les 2/3 du troupeau présentent les mêmes symptômes, il faut prendre la chose au sérieux et agir. Sans compter que dés que le trèfle blanc Trifolium repens fleurit il produit du cyanure; un petit veau ne peut pas y résister.

En fait il se passe exactement la même chose que si un homme faisait la feria et buvait en se goinfrant toute l’année. La vache, par ces signes, nous dit qu’elle mange plein de sucres qui fermentent ultra vite associés à trop d’azote… c’est la fête, seulement il faut de la modération en tout. Avec les signes qu’elle nous envoie, la vache nous montre qu’elle a besoin de fibres utiles; des fibres mûres constituées de sucres très lents.

Si l’on ne respecte pas ce que la vache nous dit, c’est la facture du vétérinaire qui va augmenter. Le fermier se met à investir dans une ribambelle de vaccins pour lutter contre une mamitte, un parasitisme, une langue bleu… en réalité il ne fait que casser le thermomètre, il ne fait que soigner le signe d’un déséquilibre bien plus profond sans s’attaquer au réel problème qui aura des conséquences bien plus graves à terme. Le problème résolu à un endroit, réapparaitra à un autre.

Ces observations qui étaient partagées par tous les éleveurs auparavant, ne sont quasiment plus enseignées dans les écoles d’agronomie. Le Dr Bruno Giboudeau, vétérinaire passionné d’alimentation a soulevé le problème en tentant d’apporter un solution aux éleveurs à travers sa méthode OBSALIM, Observation alimentaire, comme son nom l’indique. Chez SOS SOiL, nous sommes en plein dedans, en Amérique comme en Europe.

En fait, les excès sont bien plus graves que les carences. La vache est faites pour manger de l’herbe et de la fibre. Mais la grande majorité des fermiers aujourd’hui dans le monde leur donnent du mais et du tourteau de soja.

En Argentine plus de 80% des vaches sont élevées en Feed-lot, sorte de camp de concentration pour ruminants, avec comme nourriture du tourteau de soja OGM, résidu de la presse pour produire du biodiesel. Ces vaches en milieu artificiel n’ont plus les ressources pour fabriquer leurs défenses immunitaires et donc les vétérinaires locaux les bourrent d’antiparasites et de vaccins en tous genres… Aprés ces vaches sont mangées par l’homme; tous ces produits lui sont transmis…

Le problème réside aussi peut être dans un éblouissement par la course technologique qui pousse le fermier à confondre productivité et rentabilité. Les paquets OGM tout préparés, qui comprennent herbicides, fertilisants et semences génétiquement modifiées, augmentent de prix chaque année de 25 à 30%. Les médicaments et les vaccins… il en faut chaque année plus…

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Mais en France ou en Belgique, il n’y a pas officiellement de semences OGM… excepté lorsque ces semences sont achetées en Espagne et passées en France, sous l’oeil bienveillant du douanier, pour être plantées fièrement avec l’air malicieux du paysan rebelle à la loi… De toute façon ce tourteau de soja transgénique est importé du Brésol à moindre cout, quant on veut. Selon Greenpeace, chaque Français a abattu sans le savoir 450m2 de forêt amazonienne, dédiée désormais à la culture de soja transgénique pour nourrir ses vaches et faire du lait et de la viande.

Lorsque les vaches sont tout simplement envoyées paitre dans un beau pâturage; pour bien faire chaque année le paysan gardera un bout de sa terre pour faire du foin pour l’hivers…

Ce foin il voudra qu’il soit le plus riche possible et donc il y mettra toujours plus d’engrais. Toujours plus et voila dans le champs une explosion de pissenlits Taraxacum off. … c’est le stade 1, le champs devient tout jaune. Puis c’est au tour des boutons d’or et Ranunculus acris et des rumex obtus Rumex obtusifolia... C’est le stade 2, lorsque les nitrates du sol ont tendance à se transformer en nitrites pathogènes pour l’animal et pour l’homme qui mange l’animal ou qui boit son lait. Les nitrites 3+, forment des ions beaucoup plus actifs que les nitrates 2+, ils ont la particularité de flinguer tous les antioxydants. Alors attention.

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Là encore, bio ou non, l’agriculteur met de l’engrais sur son champs sans se poser de questions quant à l’état de son sol.

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Et puis, le fumier est-il réellement composté? Les bactéries ont elles eu le temps d’effectuer leur rôle? avec le froid de certaine région cela peut prendre des dizaines d’années… le tas de compost sur la photo est pathogène pour le bétail. Personne ne s’en rend compte et l’hivers venu les vaches vont en souffrir…

C’est pourquoi il est impératif d’observer également les plantes indicatrices. C’est elles qui peuvent nous renseigner sur la qualité du fourrage et l’action (ou l’inaction) qui doit être lancée pour assurer la santé du bétail.

Ainsi au cours de chaque mission nous tentons de former les paysans afin qu’ils puissent réagir le plus en amont possible, de manière à prévenir tout trouble de santé possible. Lorsque le paysan investit dans un diagnostique de 2/3 jours par nos soins, cela lui lui revient en général moins de 10% de ce qu’il devrait payer en vétérinaire et drogues en tout genre si l’on n’était pas intervenus. Notre but est surtout de le former afin qu’il reçoive les clefs d’une formation qui li servira pour toujours.

C’est ce que nous faisons en Europe, en France, en Belgique, en Espagne, où nous avons des viandes fabuleuses, mais surtout, c’est ce que nous avons la chance de faire en Argentine, que nous aimerions voir re-produir cette viande qui était la meilleure du monde comme au siècle précédent.

C’est un travail de passionné qui demande une rigueur ferme au niveau de la traçabilité de la bête, mais aussi de la durabilité de la production, au niveau de sa nourriture avec les meilleurs pâturages naturels, de son emprunte carbone avec le recyclage des pollutions que produisent 7000 bêtes sur 40 000ha et surtout dans la préservation des espaces sauvages qui sont des puits sans fonds de biodiversités et des recours quotidiens apportant des solutions tant pour la santé des bêtes que pour le devenir du domaine.

Enfin si l’on aime la viande, il faut que cela soit un plaisir d’exception. Il ne faut pas en manger tous les jours, seulement accepter le meilleur, des meilleures provenances. Un quinotto, un plat de céréale et légumineuse bien cuisiné sont équivalent en protéine à un steak de boeuf,  mais 10 000 fois inférieur en énergie équivalente pour le produire, donc d’une empreinte carbone bien moindre. C’est pourquoi la viande doit rester un plaisir d’exception. Comme pour les vaches, il faut que nous multiplions la biodiversité de nos aliments pour diminuer la facture de notre médecin…

Argentine 8 : planter des arbres c’est bien, les utiliser pour la sécurité alimentaire c’est mieux

July 7th, 2009

Comment utiliser un arbre pour assurer la sécurité alimentaire?

Pour diversifier les revenus, les ingénieurs agronomes argentins ont eu la très bonne idée de s’intéresser à la plantation de noyers.

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Il se trouve que les noix se vendent un bon prix en Argentine et la demande est là. De plus, les noyer font un bois de bon rapport, alors pourquoi pas participer à l’effort mondial pour planter des arbres, si cela peut aider à la lutte contre le réchauffement planétaire.

Mais planter 8500 noyers d’un coup, cela va faire à terme, une forêt qui va enlever du pâturage aux bêtes. Le feuillage dense et l’architecture basse du noyer va complètement stopper la production de fourrage en dessous.

Autant de noyers vont rendre impropre au pâturage plus de 60ha. Sans compter la véritable prolifération de plantes étrangères qui peut bouleverser l’équilibre écologique du domaine et les déjections de cyanures du brou de noix des enveloppes de la coque qui peut provoquer de graves pollutions et ralentir la pousse des plantes alentour.

Planter des arbres peut rapporter beaucoup plus, c’est là que nous intervenons :
Il faut faire du noyer un allié et tenter de réfléchir sur tout ce qu’il peut apporter. Il faut maintenir la logique de développement durable de l’ensemble de la propriété et intégrer les noyers pour qu’ils participent à l’effort général.

Que peut bien apporter un arbre comme le noyer ?

  • Le noyer fixe environ 200kg d’azote par an, de l’air dans la terre.
  • Il entretient autour de lui tout un réseau mycélien qui se construit de manière à diffuser les ressources en eau et minéraux, directement aux racines.
  • Il entretient la vie du sol en soutenant toute une activité bactérienne qui permet aux plantes de pousser.
  • Il fixe et retient le sol des zones en érosion, voire en danger de devenir des canyons, la plus grande menace du domaine
  • Pour le domaine il peut devenir un véritable amortisseur climatique contre les bouleverssements en cours, en protégeant du vent, du gel et par ailleurs en précipitant la pluie par les mollecules qu’il diffuse.
  • Les arbres sont vitaux pour l’équilibre alimentaire des chevauxchevaux; n’oublions pas que leur biotope originel est la clairière.

Quelles sont les priorités du domaine ?

Nous avons besoin d’engrais vert qui fournisse l’azote pour faire pousser notre fourrage.

Nous avons besoin à tout prix de renforcer la couverture végétale tant en surface, qu’en racines profondes pour stopper l’érosion et la progression des canyons.

Il faut donc mettre en place la Sylvo-agriculture :

L’expérience nous montre que la densité idéale d’arbres par hectare est de 50. Cette distance permet le passage des machines,
8500 arbres vont nous servir pour 170 ha.

Comment planter ces arbres ?

La distance entre les arbres :
Pour savoir à quelle distance les planter il faut faire le calcul suivant :

d = √A/n

d, la distance, A l’aire en question, n le nombre d’arbre. C’est ainsi que pratiquait Braun-Blanquet, l’inventeur de la phytosociologie.

Ainsi pour nos 50 arbres par hectare il faut planter 1 arbre tous les 14m.

Le type de sol :

Le noyer supporte très mal les excès d’eau. Il aime les endroits bien drainés, donc pas trop argileux. Si ce caractère n’est pas respecté, vous exposerez vos noyers à des maladies parasitiques. En Argentine, dans la région du NOA, le Nord Ouest, le parasite le plus courant est le Phytophtora , un champignon qui s’attaque directement aux racine et contre lequel les gens d’ici n’ont rien trouvé de mieux que d’amputer la partie atteinte de l’arbre, ce qui n’arrange rien pour son développement. Alors surtout éviter tout type de goutte à goute, etc.

Ne surtout pas travailler le sol avant de le planter. Si vous labourez, vous risquez de provoquer des semelles de labour et une déstructuration du sol qui condensera les argiles en blocs et freinera le drainage. C’est la meilleure manière d’affaiblir vos arbres et de les rendre vulnérables aux parasites, insectes et champignons.

Il suffit de faire un trou de la taille de la motte et de le planter. Punto y basta.

Pour garantir une pousse régulière et accélérée, nous allons procéder à la mycoforestation.

Deux techniques selon les conditions du lieu :

chenesSi vous avez une vieille foret à proximité, vous reliez les arbres tout juste plantés avec les vieux par des copeaux mis en surface pour faire « courir » le mycélium.

Sinon, vous procédez directement à  l’inoculation de mycélium élevé en laboratoire, qui, en se reproduisant, fournira directement aux racines de l’arbre, son eau et ses nutriments favoris dans les quantités idéales. Il faut toujours s’aider de la nature en faisant appel à ce qu’elle sait faire de mieux.

Voici la raison pourquoi il ne faut pas labourer autour des arbres, ni “gratter”, c’est la meilleure manière de casser toutes les relations mycelliennes et mycorhyzales, la symbiose que l’arbre et les champignons ont réussi à construire. Tout un travail que l’homme va détruire sous prétexte de vouloir “aérer” le sol, alors qu’il ne fait que destructurer sa nature profonde et rompre la dynamique des êtres qui en assurent son équilibre. Et enfin… personne n’a l’idée de labourer dans la forêt pour faire pousser les arbres.

Des arbres pour l’agriculture.

Avec une densité de 50 arbres par hectare, soit un arbre tout les 14m, aussi bien des plantations de cultures vivrières, que le pâturage pourront prospérer… et en plus chaque année vous aurez votre récolte de noix. Au bout de 20 ans vous aurez votre récolte de bois de première qualité.

Organiser la biodiversité

Il ne faut pas planter uniquement des noyers… pour réussir son coup il faut organiser la biodiversité et tout particuièrement lorsque l’on veut cultiver des graminées comme le riz ou le foin il faut planter des légumineuses: des acacias et autres mimosacées, ici nous avons le magnifique lapacho rose qui est aussi un arbre médicinal précieux pour soigner le cancer; ou bien, un autre légumineux comme le caroubier, qui non seulement est l’un des meilleurs engrais vert connu, mais aussi fournira un fourrage délicieux avec ses feuilles (mais attention, trés riche en azote) et des gousses comestibles trés riches, excellent complément alimentaire d’hivers.

Maitriser la pollution.

8500 noyers cela en fait des noix… au moins 12 000 tonne/an. Sur ces 12000 tonnes 7000 tonnes sont des déjections remplies de brou de noix, riches en cyanure et carbone. Une pollution ? Non, la matière première idéale pour fabriquer du bio diesel grâce au micro algues

La navette spatiale Atlantis travaille pour l’agriculture

May 12th, 2009

Pendant que tout le monde s’intéresse au futur du satellite Hubble, nous avons mis la navette spatiale Atlantis de la NASA au service de l’agriculture grâce à notre génial collaborateur Alain Gachet.

Pendant ses révolutions autour de la terre, la navette spatiale Atlantis mitraille notre planète de photos et de détections radar qui plongent jusqu’à 30m sous le sol. Ces images sont récupérées par Alain qui les décrypte à sa manière. Alain, ingénieur de l’Ecole des Mines de Paris, grand explorateur de terrain et géologue trouveur de pétrole pour Elf/Total pendant 20ans, connait la morphologie de la terre mieux que tout. Avec les images de la navette spatiale, il épluche littéralement la terre comme un oignon, et met à jour toutes ses strates.

Grâce à ce travail nous trouvons de l’eau pour l’agriculteur. Exemple du traitement d’image radar au Pérou, à Lambayeque, un terrain désertique épuisé par les mauvaises pratiques agricoles de l’homme qui a accéléré la tendance du lieu à se désertifier.

sasape-imag-satelite-bajaVoici le domaine pour lequel nous sommes consultés plaqué sur l’image satellite de surface.

Perou_SASAPE Watershed3

Alain passe à l’image radar pour comprendre comment fonctionne l’eau dans cette géologie; où sont les bassins collecteurs, dans quelle direction se versent-ils; quels sont les points GPS exacts où l’on doit forer pour avoir une source d’eau de manière durable; à quelle profondeur doit-on forer.

Ici nous nous interessons uniquement aux réserves d’eau qui se renouvellent en permanence. Nous ne touchons absolument pas aux nappes phréatiques qui pourraient s’épuiser par une mauvaise gestion et créer une catastrophe naturelle à long terme.

Perou_SASAPE Water2Sur cette image nous sommes sous le sol, nous suivons les mouvements de l’eau. En surface on ne se doute de rien.

sasapesurfaceToujours plus profond nous allons à environ -30m.

Perou_SASAPE relief2

En utilisant cette technique Alain a pu trouver de l’eau pour le Darfour. Les Nations Unies par la voie du directeur général de l’Unesco viennent de le remercier d’avoir été à l’origine du sauvetage de plus de 300 000 réfugiés au Darfour. Désormais le Pentagone en a fait son allié pour de nouvelles mission pour trouver de l’eau en Irak, en Afghanistan, en Ethiopie, en Somalie…

Pour l’agriculture le travail d’Alain nous permet de prendre du recul et comprendre comment le terrain fonctionne. Il nous permet de comprendre les processus d’érosion et d’évolution du terrain en macro échelle.

Exemple en Argentine : là nous voyons l’Amérique du Sud depuis la navette spatiale

pampa-grande-argentina-location-mapLes carrés noirs sont vraisemblablement des espaces censurés par les Américains, peut être l’armée? Bon rapprochons nous du domaine :

salta-zoomed-area-landsat-3d2Toujours plus prés. Bon là on a visé un peu trop haut; on tombe sur le lac dans lequel se verse l’eau qui vient de l’estancia que nous conseillons.

coronel-mandes-synclinorium2Descendons un peu et traitons l’image de manière à pouvoir comprendre l’évolution géologique, les différentes roches en présence, l’impact et le travail de l’eau sur le terrain.Tout d’abord une image d’ensemble traitée de manière à avoir une bonne idée des grandes tendances édaphiques de la région.

pampa-grande-argentina-location-map1-2Grâce à cette image nous comprenons tout de suite l’impact climatique sur le domaine pour lequel nous sommes consulté.

L’eau vient intégralement des nuages en provenance de l’Amazonie. Nous sommes pieds et poings liés au devenir de la fôret dense. Tous les flan Est sont verts. La propriété se trouve exactement à la frontière avec le début du désert. Une position trés fragile qui nous poussera à être trés prudents et à rechercher tous les moyens pour amortir les effets du réchauffement de la planète. Au vu de cette image, ce doit être notre première priorité :rendre vert ce domaine qui ne l’est pas vu de l’espace, planter de arbres, mieux gérer les ressources d’eau.

Rapporchons nous un peu plus.

fond-landsat-7-4-2-et-transectsDécidément le terrain est bien moins vert qu’il ne pourrait être, bien moins que les espaces non touchés par l’homme. Que se passe-t-il?

fond-topo-couleur-et-transectsToute l’eau du domaine se dirige vers B’ et l’on dirait que rien ne pousse là.

Etudions les coupes de terrain que nous fournit la navette depuis l’espace :

coupe-abTout le domaine est en érosion totale. Nous sommes en présence d’alluvions qui partent toutes vers la rivière. Voyons de l’autre côté sur les autres axes choisis sur le domaine sur de grandes distance afin de mieux comprendre le phénomène :

coupe-cdCe qui sur le terrain semble plat ne l’est en fait pas du tout. La composition du sol rend la situation trés préquaire à long terme. Nous sommes en fait en phase de transformation en canyon. La situation est grave mais pas irréversible si l’on se met tout de suite au travail. Il faut protéger les endroits qui montrent des signes d’érosion avec beaucoup plus de sérieux que nous le pensions après notre étude de terrain. Il faut circonscrire les lieux en danger de tout accés du bétail. Rapprochons nous :

zoom-pampa-grande-landsat-transectscoupe-ab1Si nous ne faisons rien tout va tomber. Il faut stopper tout utilisation de produits chimiques pour desherber, interdire le glyphosate sur le domaine, car il faut renforcer par tous les moyen ce qui peut stabiliser les alluvions. Préserver la mooindre plante qui puisse retenir le sol de partir avec l’eau et la pente. Il faut planter des arbres pour empêcher l’érosion.

Sans l’expérience du terrain nous n’aurions pas cette analyse bien sûr, mais l’imagerie fournie par la navette spatiale et les connaissances et l’interprétation d’Alain Gachet, nous permettent désormais de placer nos priorités. C’est une révolution pour l’agriculture et le développement durable.

La navette spatiale nous conforte dans notre choix d’agriculture naturelle pronée par le vieux sage Masanobu Fukuoka. Utiliser tous les moyens pour comprendre la nature et tenter de s’en faire une alliée pour cultiver et nourrir les hommes.

Argentine 6 : en agriculture l’important c’est la femme.

April 30th, 2009

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La réussite d’un projet agricole est avant tout la réussite d’un projet social.

Aujourd’hui l’agriculture en Argentine est essentiellement une affaire d’homme et surtout une histoire d’hommes d’affaire. Les gigantesques propriétés appartiennent pratiquement toutes à des groupes privés et à des financiers bien loin de la tradition agricole. Les Gauchos et les paysans traditionnels sont devenus des ouvriers agricoles. Les propriétaires ne comptent plus que sur des ingénieurs agronomes, ceux-là même qui ont transformé l’agriculture en industrie autour du monde.

Le role d’une estancia de 40 000ha, comme celle-ci, en Argentine, est de produire des veaux qui partiront pour être “finis” dans des “feed-lots”. Quelques semaines aprés avoir vu le jour, 70% des veaux argentins sont envoyés dans la banlieu de Buenos Aires en confinement, pour ne jamais plus voir un brin d’herbe de leur vie. Ils sont nourris essentiellement au tourteau de soja transgénique et tourteau de maïs OGM, résidu de la production de bio éthanol.

En 15ans, la viande argentine, réputée comme la meilleure au monde, a disparue. C’est aujourd’hui le sous-produit de cultures transgéniques, injecté de pesticides systémiques et d’antibiotiques. Quelle tristesse. Aprés la grippe aviaire, la grippe porcine, que nous prépare-t-on?

Devant ce désastre qui se déroule sous leurs yeux, que pensent les fiers Gauchos argentins? Pourquoi les ingénieurs aspergent-ils les riches pâturages de glyphosate? Pourquoi détruisent-ils cette richesse qui contient tout ce dont a besoin un ruminant pour se nourrir et construire son système immunitaire?

Les Gauchos sont devenus des employés à la merci des conditions économiques de leur employeur. Leur unique motivation serait peut-être encore ces journées entières sur leur monture dans l’immensité de la Pampa. Mais en réalité, le Gaucho n’a plus aucune réelle motivation pour son travail. Finalement le blues décrit par Jorge Luis Borges, n’était-il pas l’age d’or du Gaucho?

Dans l’estancia où nous travaillons, les Gauchos, appelés aussi “Peones”, simples employés agricoles, sont payés le double d’ailleurs par le propriétaire. Le nouveau propriétaire veut installer un véritable volet social dans le développement et la gestion de cette propriété. Seulement ici l’argent ne sert pas à grand chose. Nous sommes à 5 heures de bus de la première ville. Il n’y a rien pour quoi dépenser son argent. Ici l’argent n’est pas tout.

Il y a 30 familles, 30 hommes mariés, 30 femmes et 3 à 6 enfants pour chaque couple. Ils vivent sans véritable projet de vie, projet de société. C’est un monde de Gauchos fiers, un monde d’homme, de “machos”, dirait-on en espagnol, sans le côté péjoratif du mot en français. Des machos qui font leur boulot, sans avoir un mot à dire et qui observent sous leurs yeux des pratiques agricoles qu’ils ne comprennent pas toujours. Ils n’ont aucune propriété. Leurs maisons viennent toutes d’être refaites gratuitement. Le moindre besoin, décoration, etc. ils se tournent vers le propriétaire. Au nouveau venu ils ferait plus penser à de grands enfants assistés qu’à des hommes responsables. Une estancia aujourd’hui ressemble davantage à l’expression classique d’un patriarcat de la révoltution industrielle, qu’à une entreprise moderne.

Où veut-on aller de cette manière… Dans le mur? L’histoire est remplie d’exemples similaires.

C’est là où nous intervenons. Nous proposons de travailler sur trois axes sociaux pour relancer la dynamique des habitants de l’Estancia, provoquer leur créativité et leurs désirs de s’épanouir à travers le développement de l’estancia qui fait partie de leur propre développement :

  • La participation et la compréhension des stratégies agricoles entreprises : que les Gauchos puissent avoir voix au chapître et nous fasses bénéficier pleinement de leur expérience.
  • Donner une place aux femmes : à travers la création, la participation et la copropriété dans une entreprise commune avec l’estancia où chacune pourra réaliser un projet à sa mesure. Une entreprise qui servira tant de micro crédit, de lieu de création, de production et de distribution des produits qu’elles pourraient réaliser à partir du potentiel disponible sur l’estancia.
  • Assurer un devenir durable pour la main d’oeuvre de l’estancia : préparer une place pour les enfants et établir les bases pour une situation durable de l’emploi sur l’estancia par son développement.

Pour les Gauchos, il est essentiel qu’ils puissent se sentir partie prenante du devenir de l’estancia. Appartenir est le maitre mot. Ainsi il faut organiser régulièrement des réunions festives, des prétextes musicaux, asados traditionnels argentins, à l’occasion desquels la destinée agricole de l’estancia soit discutée et mise à l’avis des Gauchos pour bénéficier de l’expérience et de la connaissance du terrain de chaque gaucho, car c’est eux qui parcourent tout le territoire à longueur de journée.

Mais le plus important concerne les femmes. Aujourd’hui elle n’ont aucune place. L’avenir de l’estancia dépend du rôle dévolu aux femmes. Elles doivent prendre de l’importance à travers la création d’une entreprise commune avec l’estancia pour créer, produire et distribuer les produits dérivés de la production agricole et de la nature disponible sur l’estancia. Cette entreprise sera le moyen d’avoir leur entière participation, comme la possibilité de développer des microcrédits pour les entreprises individuelles, de financer les formations pour affiner les produits et le cadre pour développer la créativité des habitants de ce lieu riche et si peu exploité.

Ainsi nous allons créer une société participative en commençant par produire des spécialités bio de qualité destinées d’abord au marché argentin :

- Des spécialités à partir de produits sauvages :

  • des confitures de sureau, de pêches sauvages (pêches de vigne), d’épine vinette…
  • du miel sauvage d’une qualité exceptionnelle.

- Des spécialités à partir des cultures de l’estancia :

  • des confitures d’airelles, de myrtilles
  • des jus de fruit frais
  • du “dulce de leche” bio, la confiture de lait mythique de l’argentine (j’ai vu un vétérinaire de Buenos Aires vider un saladier de dulce de leche fait par la cuisinière de l’estancia, jurant qu’il n’en connaissait pas de meilleur).

- Des spécialités de viandes séchées :

  • Viande des grisons à partir du filet de boeuf.
  • Cecina, spécialité espagnole à partir de l’entrecote.
  • Pastrami, entrecote casher ou halal éventuellement assaisonée d’ail et de piment doux.

Toutes ces spécialités sont étrangement absentes du menu argentin… et pourtant ils adorent le boeuf, ils rafolent du jambon cru, alors pourquoi ne pas créer un type de jambon argentin à partir du boeuf?

- développer des cultures spécialisées à haute valeur ajoutée :

  • Des spécialités andines : pomme de terre originelle, quinoa, maca, courges…
  • des plantes ornementales : bégonias spéciaux, jasmin de Juyjuy,…
  • des champignons frais pour les communautés asiatiques du marché argentin et brésilien : ganoderma sp., shitake (lentin du chêne), etc.

champlentin2champlongevite

Des spécialités de fromages :

  • la “quesadilla”, une sorte de mozzarella semi sèche qui est servie avec le dulce de leche.
  • Une tome de vache…

Mais là vient tout de suite l’intéret de la création de l’entreprise: travailler sur la formation des gens pour raffiner les savoirs-faire.

Une petite anecdote :

Quand le SIAL, le Mondial de l’alimentation à Paris a donné carte blanche aux Foodingues associés à la société NovaleNext pour présenter les tendances de l’alimentation mondiale sur un stand de 350m2, l’un des choses qui nous tenait à coeur était de présenter le rêve du Camembert

Lorsque le Général de Gaulle a pris ses quartiers aux Palais de l’Elysée, il a banni le fromage des tables du palais présidentiel. En France, trop de fromage, les repas durent trop longtemps. Tous? Non. Seul un Camembert, le Royal Montgomery, était autorisé. Le plus drôle était que le même fromage figurait à la table des Windsor, la famille royale britannique, à Buckingham Palace. Un comble pour notre ancien président; c’était le seul point commun avec notre général qui ne les tenait pas particulièrement dans son estime.

Nous avons contacté Mr Durand à Camembert qui avait pris sa retraite depuis 1982 pour qu’il nous refasse sa merveille… vacheveauxjpg1“mais mon bon monsieur, quand je faisait mon fromage mes vaches produisaient 3000 litres par ans, aujourd’hui les vaches en produisent 10 fois plus… et pourtant l’herbe n’a pas changé… Désolé, ce n’est plus possible.”

L’estancia dispose de 200 vaches Pardo Suisse, rarissime. Elles n’ont pas été exploitées depuis… Un véritable trésor surtout avec la biodiversité exceptionnelle de paturages à leur disposition sur l’estancia.

La société devra produire également du parmesan certifié bio pour satisfaire les gouts italiens de la population argentine. C’est pourquoi le développement d’une telle entreprise pourra permettre peu à peu, en fonction des bénéfices acquis, le financement d’expertises pour parfaire le savoir faire nécessaire à l’exploitation d’une telle richesse naturelle.

- Des spécialités à partir des production de noix (8000 noyers sont plantés cette année) :

  • de l’huile de noix,
  • des spécialité de noix confite
  • des gateaux de noix avec les tourteaux issus de la presse de l’huile…

Bon mais il n’y a pas que l’agroalimentaire, les femmes peuvent créer une petite unité de production de cosmétiques simples qui se développera peu à peu. Cette ligne se développera avec la participation du laboratoire de biologie molleculaire de l’université de Tucuman, auprés de laquelle les gens de l’estancia intéressés pourront effectuer des stages de formation.

- petite ligne de cosmétique bio :

  • savons à base d’huile d’algue
  • crèmes d’huile d’algue
  • compléments alimentaires à haute teneur en chlorophile et minéraux à base de tourteau d’algue séchée
  • huiles essentielles : verveine, sauge, lantana, etc.

Ces femmes bénéficieront de formation de design par les foodingues, tant au niveau du packaging, des recettes que des formulations. Cette entreprise permettra aux femmes d’intervenir à terme dans l’aménagement de leur cadre de vie. Les gains pourront servir à créer une salle de cinéma, une salle de fête… développer les activités qui les intéressent… redynamiser la vie de l’estancia grace à leur participation pleine et entière.

Argentine 5 : transformer une pollution en biodiesel

April 18th, 2009

entreepgmaisonLorsque nous sommes arrivés dans ce territoire de 40 000 ha, la politique agricole avait été complètement bouleversée depuis 4 ans. Les anciens propriétaires n’avaient pas d’argent à investir dans ce lieu; on faisait avec les moyens du bord. Les nouveaux propriétaires ont fait appel à des ingénieurs agronomes modernes qui ont pris les choses en main, pour le meilleur et pour le pire.

Avec cette modernité apparait l’utilisation de produits chimiques comme remède à tout: on veut démaquiser, un coup de 24D, on veut désherber avant de planter, un coup de glyphosate et des semences OGM résistantes au glyphosate, on veut nettoyer cours d’eau et canaux d’irrigation, un coup de 24D mélangé au 245T additioné de chloromethane et d’un détergent pour faire mieux pénétrer les produits chimiques dans les plantes… (mélanges tristement célèbres… agent orange, agent rouge, agent blanc… couleurs que l’artificier américain choisissait pendant la guerre du Vietnam selon la topologie du lieu à attaquer).

Lorsque l’on a affaire à autant de produits à faible capacité de biodégradabilité lachés dans la nature, nous parlons de bioaccumulation; un concept qui n’est qui n’est que trés peu pris en compte par les institutions de surveillance et controle, voire jamais.

Ces produits chimiques sont utilisés pour désherber, donc toutes les plantes locales disparaissent et font la place belle aux plantes d’origines étrangères… en observant bien l’on se rend compte sur les champs aspergés qu’une semaine plus tard ces plantes sont encore là en tout petit, mais avec de nouvelles plantes… d’où une deuxième voir une troisième aspersion. Le glyphosate, 24D, etc. sont tous issus de la recherche pendant la guerre de ICI en Angleterre et Dow Chem aux US pour aider à apporter une fin radicale à la 2nd guerre mondiale en aspergeant les champs des nazis pour les faire creuver de faim.

galega-cigue2Nous parlerons des incidences sur les animaux déclenchées par l’utilisation intempestive de cette chimie plus tard. 2 semaines d’études systématiques approfondies sur ce lieu précis nous montrent que l’aspersion de cette chimie herbicide provoque ici, dans cette vallée, par la suite, la prolifération de 2 plantes: le galega officinal, et la grande cigue; toutes deux sont d’origine méditerranéenne.

Le galega est une plante légumineuse qui en Europe est réputée pour son utilisation contre le diabète. Ici comme le bétail n’en veut pas, elle est considérée comme une indésirable. Gérard Ducerf qui avait une commande de galega officinal par un laboratoire pharmaceutique avant de venir en Argentine était dégouté. En Europe impossible de mettre la main sur cette plante en quantité suffisante pour le labo, ici il y en a des tonnes mais impossible à récolter car sur un terrain aspergé de chimie.

La grande cigue, tout le monde la connait, c’est un poison violent rendu célèbre par Socrate.

cigueirrigation2homme2Au dessus, vous voyez une bande blanche de cigue apparue 2 semaines après le passage du monsieur à droite qui asperge le mélange désherbant local décrit plus haut.

24-d245tVoila les deux mollecules essentielles du desherbant. Comme on le voit nous sommes en présence d’hexagones de carbones avec trois doubles liaisons chacun… quasi impossible à biodégrader… mise à part la combustion, tout aussi polluante… lesfoodingues utilisent des champignons et quelques bactéries pour préparer les terre en effectuant un tel tour de force.

ciguedianMais voila, sur une grande superficie cela peut avoir des conséquences dramatique. Un passage de glyphosate et 2 passages de 24D ont provoqué la prolifération de la grande cigue sur 30 ha… Et là il n’y a plus rien à faire. Plus on asperge plus elles reviennent.

D’un côté c’est bien qu’elles reviennent car elles ont un rôlede dépollution à assurer et de restructuration des sols à effectuer après une attaque chimique qui a eu un impact certain sur la flore microbiologique du lieu. Quand la plante indicatrice de pollution est un poison violent c’est une autre chose. La cigue dans ce biotope précis joue un peu le rôle chez nous de l’Ambrosia artemisiafolia. Le rôle d’un indicateur de pollution grave par une plante mortelle pour l’homme qui cependant peut devenir un médicament dans les dosages had hoc.

cigue-represa22Les chevaux rentrent dans ce champ de cigue de 2m de haut, les oreilles en arrière, c’est à dire avec la plus grande appréhension. Un homme en combinaison de cosmonaute pourrait débroussailler… mais c’est ultra dangereux l’homme a produit là plus de 30 hectare de poison mortel. La plante a son rôle de dé-pollution à jouer, après elle disparaîtra… mais quand brûler le champ? Nous risquerions de créer des vapeur de cyanure tout aussi nocive que la plante… Trop dangereux. Il n’y a plus rien à faire.

Voila où nous intervenons:

Au milieu de la vallée, il y a une rivière. A la fin, un goulot à travers la montagne. Que se passerait-il si nous inondions le champs? Nous aurions la production de méthane, de carbone fossile, de CO2 et de cyanures et de nitrites…l’enfer. Mais sans s’en rendre compte nous venons là de recréer une micro planète des temps géologiques qui ressemble au quotidien du précambrien… le Protérozoique. La chose intéressante dans la botanique est que des bactéries aux blé ou aux orchidées tous les ages géologiques du vivant sont représentés… c’est l’évolution de ces êtres qui a préparé la terre pour notre propre développement, nous humains.

Alors qu’est ce qui vivait au précambrien? des micro algues… Ces micro algues utilisent le cyanure comme une sorte d’engrai et transforment le CO2 en oxygène. Elle se reproduisent toutes les 6 heures environ et lorsqu’elles sont mûres leur corps est composé de 30 à 60% environ d’huile. Résultat: ces micro algues dépolluent, produisent du bio diesel et le reste de protéines avec des vitamines et de la chlorophylle.

Sur 30 ha nous allons pouvoir produire suffisamment de diesel pour la propriété, fuel de chauffe comme diesel pour les voitures et les tracteurs et le résidu? du tourteau d’algue qui pourra complémenter la nourriture du bétail l’hivers et si le besoin se fait sentir il pourra être utilisé comme engrais pour les cultures.

Cette algue peut-elle devenir envahissante et polluer tous les cours d’eau? Non, car elle est trop haute dans la chaine alimentaire et peut nourrir tout le monde. C’est un véritable bonbon. C’est bien le problème d’ailleurs. Une fois l’endroit dépollué et cette algue développée, quelle quantité échapera-t-il de la prédation (poissons, batraciens, oiseaux…)? La production d’algue assez conséquente, avec une estimation suite aux essais en laboratoire de 90tonnes ha/an.

Désormais les foodingues sont en train d’affiner la sélection de la bonne algue et de créer un design adapté à l’endroit, pour récolter et faire le process pour presser et séparer le tourteau de l’huile. Une vrai création qui permettra à terme de libérer les fermiers des contraintes énergétiques.

Si la production d’algues se développe comme prévu, la pollution sera maintenu à terme en versant dans cet espace les peaux des noix afin de fournir le carbone et le cyanure nécessaire à l’algue. Ce serait une manière idéal de se débarrasser des résidus de la culture de noix qui pourrait devenir une pollution conséquente vu les surfaces considérables de noyers (400 arbres sur 50 ha).

Si cette production d’huile n’est pas suffisante… l’algue aura servit de dépollueur et sauvera la vallée d’une contamination au cyanure et de dégagement de gaz à effet de serre. Donc un bilan positif quoiqu’il arrive.